C’est un peu gênant là, mais… faudrait qu’on se parle de quelque chose ! Dans le temps, on les nommait maladies honteuses parce que la sexualité à l’époque, c’était quelque chose de privé, fallait surtout pas en parler !

Ensuite, elles ont était appelées les maladies transmissibles sexuellement (c’est surtout comme ça qu’elles se transmettent) sauf que « maladie », ça faisait référence à « symptôme » et que les symptômes… tout comme les prévisions météo, faut pas trop s’y fier !

Au Québec, 1 personne sur 20 serait infectée [1], le plus souvent à son insu. L’adage « ce qu’on ne sait pas ne fait pas mal » ne s’applique malheureusement pas ici !

En 2015, on parle d’infections transmises sexuellement et par le sang (ITSS), mais ça reste sur papier parce qu’en réalité, on n’en parle pas vraiment… Semblerait qu’elles soient encore taboues ? Pourquoi donc ?

Une infection comme une grippe ne fait rougir personne, mais lorsqu’il s’agit d’une gonorrhée, alors là c’est gênant : c’est dans les bobettes que ça se passe !

–           Chutttt, quelqu’un va t’entendre !

Si les gens parlaient davantage d’ITSS, on se rendrait peut-être compte que dans notre entourage, il y en a quelques un(e)s à qui c’est arrivé et que c’est important de se protéger.

Au même titre qu’on jase plus librement de nos trips de cul ou de nos fantasmes, on pourrait aussi être capable de discuter de nos ‘’mésaventures’’ sexuelles? Si ça nous arrivait (oups), on pourrait se sentir plus à l’aise d’en parler à quelqu’un sans vouloir changer de pays ou d’identité à cause de la honte ou de la culpabilité.

–           T’as contracté une ITSS ? C’est poche, mais t’as pas créée l’holocauste tsé…

Des erreurs, ça arrive. Ce serait tellement génial qu’on sorte nos têtes du sable, qu’on combatte le règne de la pensée magique (« ça n’arrive qu’aux autres »), installé bien confortablement dans nos croyances. 2  chlamydia sur 3 touchent les 15-24 ans [2]. Sans niaiser, on a statistiquement plus de « chances » de contracter une chlam que de gagner pendant le déRRRoule le rebord !

Aussi, les références douteuses du type « vagin sale » ou « pénis pas propre » renforcent la stigmatisation et les jugements négatifs… alors que l’hygiène n’a rien à voir là-dedans. Si on était moins mal à l’aise d’employer les vrais mots aussi (certes médicaux et pas très sexy je vous le concède).

Bref, parler plus librement des ITSS me semble une belle façon de faire de la prévention, tout comme partager cette chronique… mais juste si ça ne te gêne pas trop tsé 😉

 

[1] Une statistique fournie par ma prof d’ITSS. Je lui ai envoyé un courriel pour qu’elle me donne la source exacte!
[2] Portrait des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) au Québec : année 2014 (et projections 2015)