Quand être fatigué et ralentir la cadence peut devenir aussi honteux que de contracter la chlamydia, je me suis dit qu’il y avait un sérieux problème!

On tient pour acquis que la vie étudiante est tellement facile, on croit d’emblée que jeunesse rime avec capacité de tout faire et tout concilier. Nous avons nos préoccupations scolaires, financières et sociales. Notre horaire ressemble à une gigantesque pizza où chaque pointe représente une responsabilité, une pression ou une obligation.

Notre niveau de stress peut atteindre des records en fin de session où l’on veut atteindre l’excellence. Notre équilibre devient précaire, on coupe dans nos heures de sommeil et de repas. Additionner manque de sommeil + mauvaise alimentation + stress = extrême fatigue! S’enchaine ensuite un cercle vicieux où, plus on est déçu, plus on travaille fort. Le stress augmente, la performance diminue et les échecs deviennent la fin du monde. Cette pente fatale n’arrive pas à tout le monde, mais elle existe et on la côtoie tous les jours sur les bancs d’école.

Je suis étudiante en deuxième année au baccalauréat en communication, tsé un monde de requins où se démarquer nous hante chaque jour! Depuis quelques années j’enchaîne études, travail, projets, stage, implication et cette année je suis tombée en panne. Réellement mon corps n’était plus capable de suivre ma cadence. Il m’a lancé une alerte que j’ai décidé d’écouter contrairement à d’habitude. Pourquoi m’écouter cette fois-ci? Parque j’étais tannée d’être fatiguée! Tannée de ne plus être la fille pétillante, de bonne humeur, volontaire et dynamique que je sais que je suis. J’ai dû m’accorder une pause pour mieux repartir. Retrouver celle que je savais qui existait encore. Je ne vous dis pas que c’est facile, au contraire je crois que de rester à s’épuiser l’est peut-être un petit peu plus…

Leçon numéro 1 : le monde te jugera tout le temps, peu importe tes décisions!
J’ai arrêté mon stage, freiné mon implication scolaire et sociale. J’ai mis sur pause ben des affaires en pariant sur moi. On m’a jugée d’être faible de ne pas être capable de tout faire. Mais quand je jonglais avec toutes mes balles, on me jugeait aussi d’en faire trop, trop vite…

Leçon numéro 2 : sois gentille avec toi-même!
Je suis en période d’apprentissage. Apprendre à ralentir ne se fait pas du jour au lendemain! Je dois arrêter de me juger moi-même et d’assumer mes choix. Ne pas m’autoflageller à ne rien faire d’un lundi de congé devient un réel défi.

On idolâtre tellement la performance que c’est rendu invivable. Les soupers entre amies deviennent des concours de celle qui est la plus fatiguée, celle qui en fait le plus… On met sur un piédestal celle qui «réussit» à tout faire et on rabaisse la «paresseuse» qui ne s’implique pas assez!

Leçon numéro 3 : Refuse la pression; regarde-la du coin de l’œil, mais tourne-lui le dos!
Je ne dis pas qu’il faut tout arrêter, devenir des hippies et retourner à la terre. Je dis juste qu’on devrait être conscient de cette pression et de faire attention. De bien découper notre pizza et ne pas s’oublier dans notre tourbillon scolaire. On veut être la meilleure étudiante, la meilleure fille, la meilleure blonde et la meilleure amie. Il faut être la fille qui réussit à concilier les bonnes notes à l’école avec son travaille, celle qui s’intègre parfaitement dans son stage, celle qui entretient son couple, ses relations amicales et sa famille, celle qui prend le temps de s’entrainer, qui a le corps d’une déesse et qui rayonne de bonne humeur! On peux-tu juste respirer, faire de notre mieux et avoir du fun?

Leçon numéro 4 : Facebook est ton pire ennemi!
Tout le monde se met cute sur son Facebook, on met juste nos victoires et nos bonnes nouvelles! Ça n’aide pas du tout à ne pas se mettre de pression. Ce qu’on voit sur Facebook n’est qu’une infirme petite partie de la vie de quelqu’un. Si tu te compares constamment à ce que tu y vois, tu ne seras jamais complètement heureuse. Décroche, relativise et utilise Facebook avec parcimonie. Ça vaut aussi pour Instagram!

Garder la tête hors de l’eau, ce n’est pas assez. Il faut vivre et prendre le temps de vivre! Que diriez-vous de ne pas être celle qui chiale qui est fatiguée, et d’être plutôt celle qui est heureuse d’être entourée de tout son monde et qui profite des moments uniques au quotidien..!