(Non, l’article ne parle pas de coloriage de personnes toutes nues.)

Le coloriage, tout le monde a déjà aimé ça. Que ce soit à la maternelle pour faire une jolie carte à la fête des Mères, chez le coiffeur en attendant de se faire couper le toupet ou devant Canal Famille un dimanche soir…on y est tous passé.

Et je me suis demandé: pourquoi ne pas y retourner? Après tout, l’enfance c’était quand même la période la plus cool.

On donne à ce type d’activité le nom d’art thérapie. Il y a à mon université un coin « coloriage de mandalas » au registrariat. J’imagine que ça fait adoucir les tensions d’un étudiant qui attend 45 minutes pour un relevé de notes officiel. Personnellement, je préfère « coloriage pour adultes ». Moins clinique, un peu plus ludique. Parce qu’on ne veut pas seulement déstresser, mais aussi retomber dans une bulle de souvenirs doux et confortables.

De nos jours, des livres à colorier pour adultes on en trouve à peu près partout. C’est rendu très fashion les coloriages. Urban Outfitters doit surement vendre à 30$ son livre de barbes hipsters. Vers la papeterie, donc. Évidemment, je trouve un poster du Carnaval de Rio à colorier…Opa!

Deuxième étape, les crayons. Mais, dilemme: devrai-je opter pour les beaux crayons DeSerres de qualité ultra supérieure, ou les crayons du Jean-Coutu à 9$? Finalement, ce n’était pas un si grand dilemme. C’est à ce moment que je regrette d’avoir jeté ma méga boîte de crayons de couleur tous dépareillés. Comme les vieux Lego: ne jamais s’en défaire.

Direction la maison, où je suis impatiente d’entamer mon chef d’œuvre. Mais, petit hic. Je n’ai pas de table assez grande pour poser et ouvrir l’entièreté du poster. Je tente de le mettre par terre, mais le parquet en bois troué et non nivelé de mon appartement du Plateau ne fait pas trop l’affaire. Je me résigne à y aller et colorier petit bout par petit bout sur ma table basse « Lack ». Shout out à Ikea.

Et que je te colorie jupes, et chars, et perroquets, et costumes et…en plein dans le chapeau de fruits de la danseuse de samba, je m’arrête. Devrai-je y fidèle à la réalité, et colorier tout de façon réaliste, ou y aller yolo et mettre la banane en mauve et l’arbre en jaune? Je ne suis pas de nature créative à la base, et surtout je ne fais pas confiance en mes talents artistiques. Je décide de pencher vers Manet plutôt que Picasso.

Erreur. Car en plus d’être conformiste, je peux être obsessive sur les bords. Surtout quand il est question de choses dont je ne suis jamais sûre, comme l’art. Au final, au lieu de complètement me détendre, je finis par faire hyper attention à choisir les bonnes couleurs pour les bons éléments, les mêmes teintes pour les mêmes objets. Je fais en sorte que les mêmes couleurs ne soient pas ramassées dans le même coin, que deux personnages l’un à côté de l’autre n’aient pas les mêmes motifs, et je check dix fois une image du drapeau du Brésil pour être sure de ne pas avoir fait d’erreurs.

Pour la détente, on repassera. J’aurai peut-être dû choisir des mandalas.