Le brunch du dimanche matin délie toujours les langues les plus enroulées…

Je ne sais pas pourquoi, ce dimanche en particulier, la conversation a dévié sur le mariage. Entre un pancake aux bananes et une cuillère de Nutella, nos 4 personnes se sont mises à débattre de nos mariages fictifs. Chose que nous n’avons jamais faite.

Dans mon groupe de copines, c’est très simple; le mariage est quasiment une question tabou. Une sorte d’idéal, une fiction, un mirage, une œuvre imaginaire créée par les plus fous de ce monde.

Et pourtant, pendant que l’une rêvait de sa bague de fiançailles, l’autre décrivait son lieu idéal, adjacent au fleuve, tu sais dans une petite église, toute simple.
Je n’ai pas pu m’empêcher d’imaginer mon jour en blanc. Mon père m’a toujours dit qu’il ne cesserait de pleurer en me menant aux bras de mon fiancé. C’est une image que je trouve douce et drôle à la fois. Imaginer mon père, si chic et d’habitude si fier, en sanglots.

Mes amies et moi, nous ne sommes pas ternis, mais la vie et l’amour ont laissé leurs marques sur nous, comme sur n’importe qui. Nous ne sommes pas en relation sérieuse avec qui que ce soit, il semblerait que notre groupe soit d’ailleurs maudit dans ce domaine. Nous nous rappelons d’ailleurs souvent que si aucun homme ne veut de nous, nous finirons sûrement ensemble.

C’est la raison pour laquelle j’ai été si étonnée par cette conversation qui pour une fois ne prenait pas une tournure de blague. Je me suis aperçue que derrière ces femmes fortes, dont je suis si fière, se cachent des petites filles aux joues rosies par des rêves simples de bonheur et d’amour.

Mais il suffit de quelques instants pour que la magie disparaisse. Le Prince charmant n’existe pas, nous le savons très bien. Peut-être se cache-t-il sous la forme du garçon qui nous attend en Suisse, à New York ou à deux portes de chez nous.

Tout ce que je souhaite, c’est que nous trouvions l’amour un jour. Celui qui donne chaud au ventre et qui allume des feux d’artifice dans le coin de nos yeux. Parce que je me suis rendu compte que ce n’est finalement pas le mariage qui est le mirage dans toute cette histoire, mais l’amour. Si nous l’avons un jour effleuré du bout des doigts, son souvenir est faible et nous en parlons comme on parle d’une lointaine chimère.

Je souhaite que nous retrouvions cette unique sensation et qu’un jour nous réussissions à aimer. Que nous donnions à notre corps cette chance. Que nous n’ayons plus peur. Je souhaite un jour pouvoir prendre mes amies dans mes bras, au bord du fleuve, à côté de la petite église toute simple et de partager leur bonheur, celui qu’elles partageront avec ceux qui auront su apaiser leur cœur.