Par où commencer… Si vous m’aviez dit il y a à peine trois mois que j’allais parader en lingerie Sokoloff (à l’extérieur de ma chambre à coucher), devant un public attentif et des photographes assoiffés, j’aurais probablement ri un bon coup! Même si l’on pourrait croire le contraire en voyant la photo qui illustre cet article, je suis de nature plutôt, disons assez, voyons voir… très pudique.

À titre d’exemple, cela doit faire au moins trois ans que Julie, la designer et fondatrice de June Swimwear, m’encourage à porter le oh so famous bootykini. « Non Julie, je n’ai pas les fesses pour ça et je suis ben trop gênée »! C’est ce que je disais et répétais, jusqu’à ce merveilleux voyage au Salvador qui m’a complètement… mise à l’aise.

Être à l’aise dans son corps, ce n’est pas si évident que ça, et ce, même si aux yeux des autres « on n’a vraiment pas de quoi être complexé »! Des complexes, je pense que nous en avons tous et ce n’est pas parce qu’on se rapproche des sacro-saints standards (le fameux modèle unique) qu’on est inévitablement 100 % satisfaite de notre apparence physique…

Après tout, comment l’être quand même les standards sont contradictoires? Il faut être ni trop mince, ni trop grosse, assez en forme, mais pas masculine, avoir de bonnes fesses, mais sans les petits plis qui viennent avec les courbes, il faut avoir des seins, mais ceux-ci doivent se tenir parfaitement et regarder dans la bonne direction (même couchée sur le dos)… La liste est longue et vous la connaissez, j’en suis certaine!

C’est l’idée d’un voyage entre filles, 13 pour être plus précise, qui m’a dégênée la foufoune. Je me suis dit que parmi le groupe il était IMPOSSIBLE que je sois entourée uniquement de mannequins et de femmes complètement parfaites et sans aucun complexe. Ma devise pour cette aventure : libérons-nous de nos complexes ensemble, à nos bootykinis mesdames! (J’ai gardé ce cri de guerre pour moi, ne vous inquiétez pas).

Force est d’admettre que ce petit bout de tissu à fait son effet sur ma propre perception de mon corps. Après deux semaines, complètement à l’aise dans mon petit maillot, à me promener autant devant des gars, des filles, des amis que des inconnus, je me sentais immunisée contre les jugements d’autrui. Mes fesses ne sont pas parfaites, mais c’est fou comment être bien dans sa peau donne l’impression à tous et à soi qu’on est vraiment pas si pire!

À peine revenue de voyage, Sofia, la designer et fondatrice de Sokoloff lingerie, m’a demandé de participer à son défilé. Je n’étais pas vraiment convaincue intérieurement, mais j’ai dit oui – mon cerveau encore à l’agonie entre les vagues, le soleil et ma nouvelle confiance en moi indestructible (ouais ouais). Sofia a passé les deux semaines au Salvador avec moi, c’est là-bas que nous nous sommes rencontrées d’ailleurs. Elle a été dans les premières loges pour voir toutes mes imperfections et mon Bali Body sous tous ses angles… Elle me l’a demandé en connaissance de cause, elle voulait que moi et mes petites imperfections représentions sa magnifique compagnie… Je me suis dit que je ne devais pas être si pire, ça m’a fait un petit velours quand même.

La soirée du défilé s’est super bien déroulée, honnêtement je n’étais même pas nerveuse. Ok, peut-être un peu, ça reste quand même une activité hors du commun. Je me sentais bien dans ma peau et surtout j’étais entourée de plein d’autres filles en lingerie, qui, somme toute, étaient bien dans leur peau elles aussi. Ça serait facile de vous dire : « franchement, difficile d’être complexé quand on a un corps parfait! » N’oubliez pas ce que j’ai dit plus tôt, ce n’est pas parce que notre corps entre dans le moule, qu’on ne trouve rien à reprocher à nos cuisses, nos hanches, nos vergetures, notre ventre… Après tout, girls are girls.

Le plus challengant pour moi, ça n’a pas été de défiler ni de me promener en sous-vêtements dans le bar pendant 30 minutes, le petit stress est apparu plutôt le lendemain : les photos! Les clichés sont révélateurs et parfois trompeurs, si je danse et que j’ai le ventre sorti (because I move like Shakira)… On pourrait croire que j’ai un muffin top (salut, toi fille de Instagram qui me met des trucs dans la tête). Les photos, ça vient aussi avec les commentaires. Par chance, il n’y a rien eu de difficile à prendre et au contraire j’ai reçu des messages de filles autour de moi vraiment touchants. Elles m’ont rappelé pourquoi je m’étais embarquée là-dedans…

Ce que je tire de mon expérience sporadique comme mannequin de lingerie, c’est qu’il n’y a pas de bonnes raisons d’être complexée. Ça m’a rappelé que la confiance en soi c’est beau et que je suis beaucoup plus heureuse à me montrer le corps sur Nightlife.ca qu’à me regarder la cellulite en désespérant. Si l’on se réjouit de discerner un quelconque muffin top sur une photo ou si voir une fille assumer son corps imparfait encourage au moins 1 ou 2 filles à être à l’aise en lingerie… Alors, moi j’ai accompli ma tâche!

Célébrons notre corps, arrêtons de nous en faire et osons sortir de notre zone de confort!

*mais je n’ai pas de muffin top… OK! (joke)

Voici quelques photos de la magnifique collection Valentine’s Day (disponible depuis ce matin ICI)

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Crédit photo (défilé) : Sarah Emily St-Gelais 
Crédit photo (lookbook) : Caraz