Les femmes enceintes et leurs désirs gastronomiques fort douteux sont bien connus, mais qu’en est-il de leurs désirs sexuels ? Chez certains couples, les rencontres sexuelles diminuent lors de la grossesse, voir disparaissent totalement. Les hormones liées à la grossesse ont une influence sur la sexualité des futures mamans, et ce, de façon différente au fur et à mesure que leur ventre grossit.

1er trimestre : l’heure est aux inconforts du début de grossesse comme la fatigue, les nausées et la sensibilité des seins. Bon nombre de femmes perdent l’envie de faire l’amour à ce stade. Des petites caresses en amoureux pourraient être bien reçues et permettre au couple de profiter d’un peu d’intimité (mais pas sur les seins, j’ai dit que c’était sensible).

2e trimestre : règle générale, les désagréments du 1er trimestre s’envolent et favorisent donc une hausse de libido. L’afflux sanguin dans le vagin, dorénavant plus important, peut même intensifier le désir sexuel. Alors que certaines femmes se sentent davantage féminines grâce à leurs nouvelles courbes, d’autres ont l’impression d’être moins désirables en raison des kilos supplémentaires…

3e trimestre : à cette étape-ci, la grosseur du bedon peut causer quelques inconvénients physiques qui entravent un brin l’expression de la sexualité (essoufflement, fatigue, fréquentes envies d’uriner, crampes dans les jambes, pression dans la région pelvienne causée par le bébé qui descend dans le bassin). Toutefois, vers la fin de la grossesse, certaines femmes ressentent des orgasmes plus forts. C’est déjà ça de gagné..!

Au final, comme chaque femme (et chaque grossesse) est différente, difficile de prédire, de façon singulière, les hauts et les bas qui surviendront au cours des 9 prochains mois. Voici quelques témoignages :

« Ma libido a diminué au début de ma grossesse, surtout en raison de la fatigue et des nausées, mais je dirais qu’à 16 semaines, elle est redevenue normale. Je pense que les orgasmes sont plus intenses et plus longs lorsque tu es enceinte, ce qui fait que ça donne plus envie de faire l’amour. Certaines positions sont désagréables et douloureuses alors que d’autres positions ne font aucune différence. L’utérus se contracte quand tu as un orgasme, le feeling est assez weird. Parce que l’utérus est gros, tu as l’impression que l’orgasme se propage dans tout le ventre. Puis, vu que je suis mince, on voit la forme de l’utérus après l’orgasme, c’est spécial ! » – Gaël, 23 ans

« Ce qui m’a beaucoup frappée lors de ma grossesse, c’est le fait que mon sens de l’odorat s’était surprenamment affiné. Le fait de devoir changer les poubelles aux 12 heures était considérablement contraignant. Toutefois, le plus triste dans l’histoire était sans aucun doute mon copain. Normalement, je peux aisément câliner mon bel amoureux lorsque celui-ci revient de sa journée, même quand il revient d’une séance sportive. Par contre, lors du premier trimestre de ma grossesse, je pouvais sentir sa transpiration avant même qu’il ne franchisse le seuil de la porte. J’avais tellement les hormones dans le tapis et mon sens olfactif était tellement dérangé qu’il m’était même parfois difficile de penser à autre chose, même en faisant l’amour. Il fallait parfois qu’il prenne une douche deux fois par jour… Heureusement, ça n’a pas duré pendant 9 mois ! » – Lydia, 28 ans

« Mes deux grossesses ont eu des impacts différents sur ma sexualité. Lorsque je suis devenue enceinte de ma 1ère fille, mon copain et moi étions en couple ouvert depuis plusieurs années. Après réflexion et discussion, nous avons décidé de changer notre entente et de « fermer » notre couple, au moins le temps de la grossesse. Nous n’avons toujours pas « rouvert » notre couple, même si ce n’est pas exclu à jamais, mais pour l’instant, je n’ai pas envie de m’investir ou d’être intime avec qui que ce soit d’autre. J’ai le sentiment de bâtir quelque chose avec mon copain et c’est dans cette relation que j’ai envie de m’investir, entièrement. J’ai le sentiment que l’accouchement et le fait d’avoir des enfants ont augmenté notre niveau d’intimité. J’ai su que j’étais enceinte une seconde fois parce que j’ai eu des rêves érotiques. Ça ne m’arrive qu’enceinte ! Ce sont des rêves assez intenses, je me réveille à cause d’orgasmes… La fréquence de nos rapports sexuels a vraiment diminué lors de cette grossesse, et ce, à partir de la fin du premier trimestre environ. Mon copain avait l’impression que le bébé était présent, il n’était plus à l’aise. Ça l’avait moins dérangé à ma 1ère grossesse il me semble. Je crois qu’avant la naissance de notre première, le bébé était quelque chose d’abstrait alors que le deuxième était plus « concret » et ce, dès le début de la grossesse. » – Ariane, 29 ans

« Je dirais que le fait d’être enceinte est un peu décevant. Tu te fais dire toute ta vie que c’est un des plus beaux moments de ta vie, mais en fait, non… J’ai des nausées depuis 16 semaines, des vomissements une fois de temps en temps, je grossis sans sentir mon bébé bouger, je me sens fatiguée et irritable… Bref, rien qui ne me fait sentir resplendissante ! Ma sexualité avant était très satisfaisante, mais je dirais que depuis ma grossesse, elle est inexistante ! Aucun désir et donc aucune relation sexuelle. Ça me déçoit beaucoup, mais en même temps, je ne peux pas me « forcer ». J’espère que ça revienne dans les prochaines semaines, mais plus le temps avance, moins j’ai d’espoir. Mon mari est vraiment compréhensif, mais je sens qu’il trouve que ma « passe » commence à être longue. L’intimité est encore là et elle compense pour le fait que la sexualité est, en quelque sorte, partie en vacances ! » – Marie-Pier, 26 ans

Que votre sexualité « parte en vacances » ou non, l’essentiel est d’être à l’écoute de ses envies et de les communiquer avec son/sa partenaire. Donner naissance à un enfant est une période haute en changements qui requière une communication de béton entre les futurs parents.

Pour terminer, il n’y a pas autre mammifère femelle qui se livre aux joies de la sexualité durant sa période de gestation que la femme humaine. Il y a de quoi se réjouir… si l’envie est au rendez-vous bien sûr !

P.S. Sachez que durant les parties de jambes en l’air, le pénis ne touche pas au bébé !!! Donc, vous ne ferez pas mal au bébé et celui-ci ne verra pas un « bout de bâton » pénétrer dans son univers confortable et bien défendu, car le pénis ne traverse jamais le col de l’utérus ! À moins d’avis contraire de la part de son médecin, la pénétration vaginale est sans danger pour bébé (à condition de se protéger des ITSS qui, elles, sont dangereuses) !