Laissez-moi partager avec vous la devinette qui m’a prise de court cette semaine. Quelle est la différence entre une ampoule, une bouteille d’eau et une relation? Il n’y en a pas! 

Pour que les trois soient efficaces, il faut qu’elles soient tout aussi transparentes les unes que les autres. Les bouteilles d’eau sont généralement cristallines parce que personne ne s’imagine acheter de l’eau qui vient d’une bouteille dont on ne peut pas voir l’intérieur. Les ampoules sont transparentes puisque si elles ne l’étaient pas, la lumière ne pourrait pas faire sa job correctement et rayonner, tout simplement.

La transparence dans une relation amoureuse ou familiale ou citoyenne est un élément essentiel de la santé des rapports qu’on entretient avec autrui. Et je ne parle pas seulement ici de « dire la vérité » ou même de ne jamais au grand jamais mentir, « même pas les p’tits mensonges blancs, j’le jure ». Je parle d’une transparence moins tangible, plus grande.

Dans une relation, pourquoi ne pas dire ce que l’on pense, ce que l’on veut, quand on le veut, à la place de planifier ses moindres faits, gestes, regards et paroles tel un stratège? N’est-ce pas épuisant de tout le temps devoir ruser pour être trois mouvements devant l’autre? C’est bon pour un businessman devant son empire, une ingénieure devant ses plans ou un joueur d’échec devant ses pions, mais pour un contact humain à humain, c’est pénible.

Garder tout pour soi et ne rien laisser s’échapper est exténuant pour soi-même et emmerdant pour les autres. Personnellement, si je ne suis pas capable de « lire » une personne, de déchiffrer ses vraies intentions et de saisir sa vraie nature, elle va éventuellement me taper sur les nerfs.

Être transparent avec les autres, c’est être confiant, fier et courageux. Être opaque c’est quand personne ne sait jamais ce que l’on pense vraiment. C’est toujours avoir son poker face paré à toute éventualité. Être opaque c’est comme être un politicien. Et personne n’aime les politiciens.

Pensez-y 1 ou 2 minutes. Au bout du compte, oui, vous avez bien fini par gagner la partie même si vous aviez un jeu pourri. Félicitations! Mais pendant que vous vous ramassez intact, mais tout seul, à compter l’argent Monopoly que vous vous êtes fait, les autres joueurs eux sont partis prendre une bière tous ensemble sur Mont-Royal.

Je ne dis pas que c’est mieux de perdre que de gagner. Je dis simplement que l’authenticité est bien meilleure joueuse que la manigance gratuite. De quoi avez-vous peur? Du jugement? D’avoir mal? Apparemment « those who mind don’t matter and those who matter don’t mind. Be what you are and say what you feel! »

Soyez transparents avec vous-mêmes et avec l’autre: c’est bien plus réconfortant de boire d’une bouteille quand elle est limpide que quand elle est obscure, et la lumière en passera mille fois plus facilement. Après tout, qui voudriez-vous  avoir comme meilleur ami, Georges W. Bush ou Casper?