L’un des points tournants de ma vie est celui où j’ai appris à être bien dans la solitude. Avant, j’étais plutôt du type à ne pas perdre une occasion pour faire la fête et faire du social. J’avais toujours peur de manquer quelque chose si je refusais une invitation. J’imagine que je me tenais occupée parce que j’angoissais a l’idée de me retrouver seule avec moi-même.

Quand j’ai terminé mes études et obtenu un emploi de représentante à destination au Mexique, j’étais emballée à l’idée de vivre une nouvelle expérience et je me sentais prête à partir seule. Par contre, lorsque je me suis retrouvée dans un vieil appartement en plein centre-ville de Cancun (et non, Cancun ce n’est pas juste des hôtels 5 étoiles en face de la mer…) à travailler 6 jours semaine dans une langue qui m’était alors étrangère, j’ai été assez déboussolée. Non seulement je vivais le stress d’un nouvel emploi qui m’obligeait à m’exprimer et à comprendre l’espagnol (mas lento por favor…), mais également celui d’un déménagement loin de mes repères. En temps normal, lors d’un moment stressant, j’aurais décompressé en allant prendre un verre avec une amie ou en écoutant un sweet talk de ma maman qui me dit que je suis bonne, belle, capable et que tout va bien aller. Mais là, quand la journée finissait, il n’y avait personne à qui faire part de mes angoisses. Je me retrouvais seule dans un appartement très  »épuré » à manger des céréales en regardant mon fil d’actualité Facebook et en comptant les jours qu’il restait à mon contrat de travail avant de pouvoir enfin revenir dans mon petit nid douillet.… Bien sûr, je gardais contact avec ma famille et mes amis, mais l’orgueilleuse que je suis n’allais jamais avouer qu’elle trouvait ça difficile d’être seule avec elle-même et qu’elle s’ennuyait de son petit confort. Après toutes les démarches que j’avais faites pour dénicher cet emploi, je ne pouvais juste pas abandonner… J’avais choisi de m’embarquer dans cette aventure et j’allais la vivre jusqu’au bout. 

Avec le temps, je me suis adaptée à mon nouvel environnement. J’ai appris à passer du temps avec moi-même et à me connaitre en dehors de l’opinion et de la vision que mes proches ont de moi. Je me suis liée d’amitié avec des gens d’un peu partout dans le monde qui m’ont permis de découvrir de nouvelles perspectives. J’ai compris que j’étais maître de mes décisions et que si je voulais quelque chose, c’était à moi de prendre les moyens pour y arriver. J’ai beaucoup grandi de cette expérience et par la suite j’ai multiplié les occasions de voyager en mode solo. Je ne serais définitivement pas la même personne si j’avais pris la solution facile de rester dans mon doux confort.

Lorsqu’on reste constamment dans le même environnement, il est possible que l’on soit trop pris dans la routine pour se rendre compte de ce que l’on veut vraiment dans la vie et cela peut faire en sorte qu’on laisse de côté nos rêves et nos passions. Les gens qui nous entourent ont une grande influence sur nous qu’on le veuille ou non et parfois on croit que ce que l’autre veut correspond à ce que l’on désire aussi, alors qu’au fond ce n’est pas vraiment le cas.

Sortir de sa zone de confort, se sentir déboussolé et se retrouver seul permet de se reconnecter avec soi-même. C’est quand on est bien avec soi-même que l’on peut l’être avec les autres. Alors à tous ceux et celles qui hésitent à l’idée de partir seul en voyage, je vous dis Go, faites-le, allez vous perdre un peu… Comme on dit, il faut se perdre pour mieux se retrouver! 😉