Dites-moi, pourquoi on mange bio, on lave nos bobettes sales en bio, on évite une marque de café parce qu’elle ne propose pas du bio, on se fait des smoothies verts et on se déplace au petit marché à l’autre bout du monde pour notre chou frisé bio MAIS on ne boit pas de vin biologique?! Il y a plusieurs explications à ça… 

Premièrement, on trouve très peu de vins issus d’agriculture biologique à la SAQ, moins de 300 produits bio toutes catégories confondues contre plus de 6000 produits non biologiques uniquement dans les vins rouges! Pourtant, en France seulement, ça touche presque 10% de la production totale.

web_vin-bio5

Deuxièmement, la plupart des gens pensent que les vins agrobio ou naturels (nous verrons les différences dans un autre billet) sont plus dispendieux que les vins réguliers et cela joue beaucoup sur leur popularité. Il est rare qu’un vin bio soit sous la barre des 20$ comme plusieurs vins réguliers, mais dites-vous qu’il y a évidemment plus de travail derrière une production biologique, ce qui peut affecter son prix.

D’un autre côté, les avantages parlent d’eux-mêmes; avec un plus grand respect de l’environnement, une utilisation de produits chimiques limitée, moins de mal de tête dû à une plus petite quantité de sulfite dans la production, etc.

Et puis, on entend souvent que le vin bio et surtout les vins naturels sont victimes de plusieurs défauts. Cépages s’exprimant différemment, souvent bouchonnés, vin ‘’fermé’’, arômes de champignons ou de poivrons verts, etc. En fait, il est important de préciser que tous les défauts ne sont pas des défauts et que cette liste accuse souvent à tort le bio.

Ces vins écolos ne sont pas plus susceptibles d’être bouchonnés, mais il est vrai que certains prennent du temps à s’ouvrir (certains confondent bouchonné et ‘’fermé’’ / pas aéré). Passez votre bouteille un petit 30 minutes en carafe et souvent le tour est joué! N’oublions pas que tous les vins, bio ou non, sont à risque d’être défectueux.

Malgré cette mauvaise pub, le biologique gagne beaucoup de terrain, dans nos assiettes et tranquillement dans nos verres. Essayez-le, découvrez-le, adoptez-le, partagez-le… Ça en vaut la peine!

MER@SOI@P01@bio_1.jpg

Je dis souvent qu’on apprécie une personne pour ses qualités, mais qu’on tombe amoureux d’elle pour ses ‘’défauts’’, ces petits traits de caractère que seul vous sachiez apprécier pleinement. C’est pareil pour le vin. Si ma première gorgée goûte un peu le poivron, qu’il en soit ainsi, je n’ai qu’à l’intégrer dans mon appréciation de celui-ci plutôt que de crier au meurtre.

Après tout, on excuse bien les petites poques sur nos pommes bio.

 

Suivez Charles Viau aka MON SOMMELIER sur Facebook