Pour Noël, mes doux géniteurs m’ont fait le cadeau d’un bain marocain, suivi d’un massage. Cette surprise ne pouvait pas arriver plus à temps, puisque je venais de me taper 14 heures de vol pour aller les rejoindre à Abu Dhabi (dure vie, duuuuure vie), ce qui signifie mal de dos et muscles tout simplement en purée. 

Je n’ai jamais eu la chance de me faire masser professionnellement (ma tante est massothérapeute, mais elle m’a seulement palpé le dos en me demandant de m’allonger sur la table de la cuisine. Pas ultra confo tout ça). Je ne savais donc pas vraiment à quoi m’attendre.

Si vous êtes angoissées à tendance claustrophobe, je vous déconseille fortement le bain marocain. Ayant moi-même quelques problèmes respiratoires, je me suis assurée auprès de ma mère qu’il n’y aurait aucune expérience de type sauna et autre chambre chaude. Ma douce madre m’a rassurée en m’indiquant que le bain marocain allait sûrement consister en une trempette dans de multiples huiles essentielles, donc rien de bien badant.

Sauf que voilà, en (bonne) journaliste en devenir que je suis, j’aurais dû m’informer auprès de plusieurs sources fiables, car lorsque je me suis pointée en string en papier dans la pièce où j’allais passer la prochaine heure, y avait tellement de buée et de fumée que je ne voyais pas à  5 cm de moi. Et je ne vous parle même pas de l’humidité et de la fournaise là-dedans. Paye ton angoisse !

J’ai demandé à ce que ce doux séjour en enfer soit écourté, par peur de finir aux urgences, les fesses à l’air et les seins à découverts.

Regina, ma gentille masso népalaise, m’a ensuite scrubbée dans tous les sens, histoire de bien faire partir les peaux mortes, tout en s’acclamant extasiée : « No fat ! No fat ! » Mon corps d’adolescente prépubère a dû quelque peu la surprendre comparé aux Émiriennes obèses qui doivent passer le pas de la porte du spa quotidiennement.

Pour bien resserrer mes pores, Regina m’a renversé une bassine d’eau gelée sur la tête. Constance s’est rapidement transformée en petit caniche mouillé et grelottant, mais surtout complètement à poil ! « Tu comprends, ça sera plus simple pour te laver », ah oui, c’est vrai.

Suite à cette heure d’agonie et de multiples plaisirs, il a été temps de relaxer pour de bon avec un massage de 60 minutes.

Crise d’hystérie lorsque Regina s’est attardée sur mes pieds. Heureusement qu’elle avait un bon sens de l’humour, car elle a tout autant rigolé que moi.

Et alors, cerise sur le gâteau, elle m’a massée partout. Et quand je vous dis partout, c’est bel et bien partout. Je me suis d’ailleurs fait la réflexion un peu angoissante que je n’avais jamais été aussi nue avec un(e) inconnu(e). Disons que Regina connaît actuellement mes interstices les plus obscurs, même ceux que je n’ai jamais vus moi-même et que je ne pourrai d’ailleurs jamais voir, à moins d’agrémenter mon curriculum vitae d’un BAC en contorsion musculaire.

Bref, expérience pas très concluante, mais comme Regina l’a si bien dit, il me faudra plusieurs autres séances pour m’adapter. Dommage que plus de 9000 kilomètres nous séparent actuellement !