À peine 22 années d’accumulées et déjà je peux dire que la jeune vingtaine est une, sinon la, période la plus ingrate de ma vie. Oui j’ose affirmer qu’elle est pire que celle de l’arrivée au secondaire, période qui dans mon cas a été marquée par quelques crises d’angoisse.

Et pourtant, ma situation est très loin d’être à plaindre… J’ai un bac, un emploi dans mon domaine, un appartement digne d’un film, une relation sérieuse (avec un bon gars), je n’ai pas de dettes, j’ai un blogue, des bonnes amies, je suis en santé, j’ai voyagé et je fais du yoga namasté… Bref, de l’extérieur tout est parfait, même que si je me relis, je me dis « de quoi je me plains encore? »

Ce qui rend la jeune vingtaine insupportable, je pense que c’est la constante remise en question. On n’est pas préparé à affronter la réalité telle qu’elle est! On sort des quatre murs de notre université chérie, et BAM on est frappé : nous sommes les rookies! Les derniers sur la chaîne alimentaire des adultes. On éponge les tableaux Excel et les petites tâches qui traînent et il faudrait garder notre motivation, notre ambition et notre confiance en soi. Comment?

Ça donne le goût de faire une maîtrise et d’aller se cacher derrière les livres.

Chaque jour je vis avec un petit point dans le chest, comme si chaque jour je prenais du retard sur ce que je rêve d’accomplir. J’essaie de relativiser les choses après tout, Rome ne s’est pas bâti en un jour. Ça prend de l’expérience, j’ai le temps, je suis jeune et je me suis bien placée…

«Tout vient à point à qui sait attendre»

Oui MAIS parce qu’on est ben fort sur le «oui mais» , j’ai de la difficulté à voir la vie ainsi parce que tout le monde qui réussit dit qu’il faut foncer et prendre des risques et ne pas attendre que tout soit parfait…

Alors, je suis censée faire quoi moi? Notre vilaine génération, la Y, me donne beaucoup de misère. Elle nous entasse tous dans un gouffre ou confiance en soi et confiance en l’avenir est difficile à prononcer.

J’aimerais être cette super-woman qui porte tous ses projets à bout de bras, mais je ne pense pas que ça fonctionne comme ça finalement… On ne peut malheureusement pas faire toujours tout ce qu’on veut au moment ou l’on veut.

Par contre, on peut travailler super fort et mettre toutes les chances de notre côté pour à notre tour, un jour, regarder les petits «twenty-something» de haut et leur dire «minute papillon t’as encore des croutes à manger.»

Sauf qu’en tant que papillon, je suis impatiente et déjà tannée. Je crois que ç’est ça qui m’essouffle un peu.

Ah jeune vingtaine, tu m’épuises…