Cette année, pour la seconde fois de ma vie, je ne me joindrai pas au troupeau d’étudiants qui s’entasseront sur les bancs de l’école.

Il n’empêche que je suis tout de même vachement nostalgique quant à la rentrée. Don’t get me wrong, l’haleine douteuse de certains de mes profs ne fait pas partie des choses qui me manquent. Non, je vous parle des vraies choses, genre, les sacs à dos à roulettes. On en parle deux minutes ?

La première fois que j’ai été confrontée à cet objet non identifié, j’avais 12 ans et je sortais tout droit du trou du cul du monde, Voiron en France. Catapultée à Portland (OR) aux États-Unis, je découvrais des tendances nouvelles, pour ne pas dire complètement exotiques.

Ma première réflexion pré pubère concernant ce sac à dos transformers a très naturellement été : « Ces enfants reviennent ou partent en voyage quotidiennement? I love this place ». Il s’est avéré que, ouais non, ce n’était pas du tout le cas – ces gamins appréciaient simplement le fait de trainer des sacs à dos multifonctions.

Déçue je me suis mise à haïr ces monstrueuses choses et j’en ai ensuite déduit une série de conclusions hâtives, néanmoins véridiques :

  • On ne va pas se leurrer, à l’école tu as deux types de copains. Les cools et les pas cools. Je sais, c’est chien, mais c’est vrai et c’est comme ça. Eh ben les pas cools, ils ont sans faute un sac à dos à roulettes. C’est inscrit dans leur ADN, c’était décidé depuis la nuit des temps, avant l’existence même du fœtus.
  • Tel Sisyphe condamné à rouler une pierre en haut d’une montagne, ces élèves sont condamnés à rouler leur sac à dos à travers l’école, faisant un bruit monstre sur le ciment et à automatiquement se déboiter une épaule tellement leur fardeau est lourd (parce que oui, plus on est jeune, plus on a de livres. Logique).
  • Il y a toujours un mec avec ce sac dans ta classe. Tou-jours. Assis au premier rang, il prend un espace de dingue avec sa carapace à deux roues, causant la majorité de la population à se vautrer considérablement sur le carrelage luisant. Parce que oui, M. Connard-de-Première ne rentre jamais le manche d’un kilomètre de long, celui qui lui permet de manœuvrer son engin de guerre avec grâce et élégance. Ah et pour aider sa scoliose naissante, Monsieur porte aussi un sac sur son dos. Parce que tsé, tant qu’à faire, on va y aller all in.
  • On s’entend que ces sacs ne passent jamais inaperçus, en raison de leur taille et tout simplement leur laideur apparente. Donc logiquement, si on veut passer un minimum incognito, on choisit un design sobre ainsi qu’une couleur neutre, genre du noir. Mais non non non, les kids pas cool font appel à leur goût so avant-garde et se pavanent avec des agencements de couleurs à rendre un aveugle, aveugle.

Je pensais que cet accoutrement était seulement réservé aux enfants. Je ne vous raconte pas la crise d’angoisse la première fois que j’ai vu un adulte trainer cette erreur de la nature… P.-S. Être comptable n’amoindrit la gravité de ce fashion faux pas!