Au retour du festif weekend de Pâques, j’aimerais donner à la mode un petit côté religieux et moral. Ne vous inquiétez pas, l’élection du nouveau Pape ne m’a pas fait de lavage de cerveau, mais la religion a toujours fait partie de ma vie d’une manière ou d’une autre. Le partage et l’amour sont très présents, où que je sois.

Jeudi dernier j’ai assisté au « défi têtes rasées » de biochimie de l’Université de Montréal. Une connaissance amicale a décidé d’y participer et je suis allée l’encourager avec une amie. Ce n’est pas tous les jours qu’une fille décide de faire don de ses cheveux pour la recherche.

Alors, je sais que vous en avez peut-être assez de mes articles capillaires et je m’en excuse, mais je ne pouvais pas passer outre cette expérience. Et surtout, ne pas la partager avec vous.

Comme vous le savez forcément (et si vous ne l’avez toujours pas compris, je vais me répéter), les filles ont un attachement très particulier avec leurs cheveux. On aime se plaindre qu’on en a trop, qu’ils sont cassés, trop courts, trop longs, trop plats, trop frisés, mais nous ne pourrions jamais nous passer de nos crinières. Elles nous protègent et donnent un boost à notre féminité.

C’est la raison pour laquelle, quand j’ai appris qu’une poignée de filles (et un gars par solidarité) allaient se raser la tête, je n’ai pu m’empêcher de me sentir quelque peu émue par ce choix. Je vais vous avouer que je me suis même demandée si elles allaient être belles, la boule à zéro. Il va sans dire que leur geste est très beau, mais ce n’est pas pour autant que le crâne à l’air va à tout le monde, «faut pas se mentir.»

Lorsque la coiffeuse s’est mise à raser la tête de la première fille (qui, je tiens à le préciser avait des cheveux rouges jusqu’au milieu du dos), j’ai eu un étrange pincement au cœur, comme si je l’enviais presque. Avoir la tête rasée signifie tout recommencer, une certaine renaissance, et c’était comme si je voulais goûter à ce changement. Bon, la réalité m’a très vite rattrapée et je me suis finalement sentie bien contente d’être en possession de mes cheveux !

Ensuite la fille que je connaissais est passée, mon amie a pris grand soin de détendre l’atmosphère avec des blagues, pas très rassurantes, mais suffisamment drôles pour décrisper les visages : «  Imagines que ton crâne a plein de bosses… Euh, est-ce que tu t’es lavée le front avant de venir ? Imagine t’as des boutons partout ! Oh mon dieu, avec cette tête-là tu vas attirer toutes les lesbiennes, c’est garanti !»

Je dois dire que j’ai été agréablement surprise quant à la beauté de ces filles post-rasage. Étant donné qu’elles étaient toutes en forme et en santé, elles rayonnaient et elles étaient très belles. J’en suis donc venue à la conclusion que la beauté, bien que physique passe avant tout par le désir d’être beau. Contre toute attente, même chauves elles étaient les plus ravissantes de toute la pièce.