Voilà six mois aujourd’hui que je n’ai pas mis les pieds au Québec, six mois aujourd’hui que je me suis installée dans ce petit village de surf en Équateur, nommé Montañita que j’appelle maintenant ma deuxième maison. Je ferai un petit arrêt de deux semaines au Mexique dans quelques jours avant de retourner au Québec et je dois avouer que je suis un brin nostalgique de quitter mon petit paradis…

Ce fut six mois à prendre des douches à l’eau froide (quand il y avait de l’eau), six mois à cohabiter avec mes amis les coquerelles et les geckos –ils sont bien smatts quand on prend le temps de les connaître…-, six mois à partager mon lit avec des milliers de grains de sable, six mois où l’utilisation de toute forme de chaussure est facultative, six mois à remettre les mêmes vêtements trois jours de suite avec ou sans taches, tout le monde s’en contrebalance. Six mois à vivre dans un petit village où tout le monde se connaît et à manger une montagne de riz à chaque repas (ici, le déjeuner, dîner, souper est accompagné de beaucooooup de riz).

Cela fait six mois que je n’ai pas touché à un fer plat, séchoir, mascara, eyeliner ou cache-cernes. Et Dieu sait que dans ma vie antérieure, ces accessoires étaient indispensables à mon quotidien. Il n’était pas question de sortir de chez moi sans un peu de peinture sur mon visage! J’ai appris à vivre avec mes imperfections -ce qui a été un travail relativement difficile pour moi- et à m’accepter sans artifice. Disons que dans mon cas, ça n’aurait pas vraiment rapport que je sois poupounée pour me promener dans le village surfeur/hippie de Montañita… Le gros avantage dans tout ça, c’est qu’en optant pour le look all natural, on se sauve de la tâche ardue du démaquillage. Le processus ‘’préparation dodo’’ est tellement plus rapide!

Mais avant tout, ce fut six mois à vivre directement en face de l’océan. Six mois à m’endormir au son des vagues, six mois à pouvoir contempler la beauté d’un soleil qui se couche (et environ l’équivalent de dix jours à le voir se lever –j’ai un peu BEAUCOUP de difficulté à me lever tôt-). Six mois à vivre mon rêve de pouvoir surfer pratiquement chaque jour. Je n’avais jamais eu l’occasion de surfer pour plus de trois mois de suite. Cette fois, j’ai vraiment senti la progression et je ne peux que confirmer tous les bienfaits de ce sport incroyable.

Je viens justement de terminer l’une de mes meilleures sessions de surf à vie et en écrivant ces lignes, je sens encore mon coeur battre à deux cent mille à l’heure dû à toute l’adrénaline ressentie et à cette sensation extraordinaire de repousser ses limites. Je n’ai pas de mot pour décrire l’état euphorique dans lequel je me trouve après une bonne session. Il y a toutefois certaines sessions de surf qui ne fonctionnent pas comme je voudrais, où j’ai l’impression que je suis nulle et je m’en trouve alors tellement frustrée et déçue. C’est fou de constater à quel point ce sport joue avec mon humeur. Autant je peux être tellement désappointée de ma performance que j’ai envie de pleurer, autant je peux être sur un nuage de bonheur parfait. Mais LA bonne session compense pour toutes les autres qui ont moins bien été !

On me demande souvent si j’ai l’intention de revenir m’installer au Québec un jour. Home sera toujours mon petit patelin de Repentigny où j’ai grandi et je passerai certainement quelques mois par année au Québec, mais j’en suis maintenant à un point de non-retour. Le surf doit faire partie intégrante de ma vie; c’est ma drogue ! Par chance, c’est une drogue saine qui m’aide énormément à gérer mon stress (oui, oui je suis une petite fille anxieuse), qui me relaxe et me donne une sensation d’accomplissement et de satisfaction extrême.

C’est ce qui m’allume, ce qui me fait vibrer, ce qui me fait préférer mille fois plus une bonne nuit de sommeil à une soirée de party (appelez-moi grand-maman Marie), ce qui me met un gros sourire (de niaiseuse) dans le visage pendant des journées entières. C’est ce à quoi je pense quand je me couche le soir, ce à quoi je rêve la nuit et la première chose à laquelle j’ai hâte quand je me réveille. Peut-être me trouverez-vous un peu intense, mais j’ai vraiment trouvé MA passion et je compte bien continuer de l’exploiter et de la partager aussi longtemps que je le pourrai!

Sur ce, il me reste encore une quinzaine de jours pour prendre quelques vagues et j’ai bien l’intention de profiter pleinement de chaque moment passé dans l’océan ! J’ai tout de même bien hâte de revoir ma famille et mes amis québécois 😉 !!!

Montañita, on se revoit en décembre. Merci pour ces moments magiques ! Gens du Québec, on se voit dans quelques jours ☺ !

Crédit Photo : Benjamin Rochette | OuiSurf x June Swimwear

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