Quelque part au milieu des années 60, une révolution sexuelle s’est amorcée et a permis de libérer les corps et la sexualité : mini-jupes dehors, seins nus à la télé, pilule contraceptive et j’en passe ! Dans le temps, il fallait attendre de se marier avant d’avoir des relations sexuelles et ce, qu’avec son mari. Aujourd’hui, les normes ont un peu changé… Alors 50 ans plus tard, sommes-nous vraiment libérés sexuellement ?

Une salope. Une pute. Une slut. On ne se leurrera pas, ces insultes sont (trop) couramment utilisées pour décrire (lire dénigrer) une femme qui a des relations sexuelles avec partenaires occasionnels. En cherchant ces mots dans le dictionnaire [1], j’y ai lu femme « sale », « dévergondée » et « facile » !!! Je ne sais pas pour vous, mais moi, quand Robert se prononce sur la « saleté » des femmes, j’ai des envies de brûler ledit dictionnaire (et je ne suis pas pyromane).

Et une femme facile, c’est quoi ? Ça aurait l’air qu’il ne faut pas beaucoup d’efforts pour grimper dans son lit. Alors la femme peut être désirée et désirable, mais pas désirante (du moins pas avant la 3e date ou quelque chose du genre). C’est bien connu, le vagin est un temple que seuls les plus persévérant(e)s ont droit seule la femme décidera de ce qu’elle en fait !

Il n’y a pas que les comportements sexuels qui font qu’une femme sera considérée comme tel, son allure aussi lorsque jugée trop sexy. Ainsi, être et paraitre sexuelle est une arme à double tranchant : pour vendre des voitures ou de la bière, ça passe, mais hors publicité, ça passe un peu moins bien… comme une chip coincée dans le fond de la gorge !

Ce qui me sidère le plus dans tout ça, ce sont les femmes qui en slutshament d’autres ! Fut un temps, je dois avouer que moi aussi, je jugeais celles qui enchaînent les one night ! J’avais même fini par me juger moi-même, le comble ! Un jour, on m’a parlé de double-standard et ça m’a ouvert l’esprit. L’éducation m’a permis de comprendre l’aspect central de la sexualité chez la personne humaine. L’explorer et la vivre est donc tout à fait normal (même si « normal », finalement, ce n’est qu’un cycle sur la laveuse).

Bref, je rêve d’une société où une femme qui s’envoie en l’air (un peu, beaucoup, passionnément) n’est ni sale, ni facile, ni salope. Je rêve d’une société où avoir (eu) plusieurs partenaires sexuels n’est pas péjoratif, mais simplement accepté. Et ça, c’est possible en commençant par arrêter de slutshamer.

 

[1] Le Petit Robert, 2013.