Événement horrible survenu dans un club gai à Orlando samedi passé. Les messages d’appui et de soutien envers la communauté gaie font guise de baume sur mon âme alors que d’autres messages (disons-le haineux) m’imposent d’exercer ma respiration. Je n’y peux rien, je suis affligée. Ou bien je n’ai juste plus envie de respirer. Dans mon cœur, il fait gris. Comme la température au Québec ces temps-ci.

  • Homophobie : « attitudes négatives pouvant mener au rejet et à la discrimination, directe et indirecte, envers les gais, les lesbiennes, les personnes bisexuelles, transsexuelles et transgenres, ou à l’égard de toute personne dont l’apparence ou le comportement ne se conforme pas aux stéréotypes de la masculinité ou de la féminité. [1]»

Voici une définition, certes, mais l’homophobie c’est bien plus que cela. C’est aussi 49 personnes qui ont perdu la vie (plus 53 qui ont été blessées) ce soir-là, aux États-Unis. C’est aussi beaucoup trop d’autres humains, autour du globe, qui sont morts depuis. C’est aussi les insultes quotidiennes, l’humiliation, la violence physique, les regards méprisants, la peur.

Le monde est en mal d’amour et moi je rêve.

Dans mon rêve, les humains sont libres d’être amoureux. Libres d’aimer un homme, d’aimer une femme. Libres d’aimer, mais aussi de vivre ces amours… sans se cacher et sans craindre l’opinion de ses proches.

Dans mon rêve, les hommes ont le droit de pleurer, de faire de la danse ou de porter des chemises roses sans se faire traiter de « tapette » ou de « gai ».

Dans mon rêve, les femmes peuvent avoir un look traditionnellement masculin et faire partie d’une équipe de hockey sans se faire traiter de butch.

Dans mon rêve, aucun ado n’angoisse à l’idée de faire son coming-out auprès de ses parents et aucun parent ne renie son enfant sous prétexte qu’il n’a « pas élevé un fif ».

Dans mon rêve, l’orientation sexuelle d’une personne n’est jamais un problème, un choix ou une maladie mentale.

Dans mon rêve, les membres de la communauté LGBTQ sortent fêter sans que cela mette leur vie en danger.

Tiens, le cadran sonne. Retour à la réalité. Ici, c’est l’argent qui fait tourner le monde, à ce qu’il paraît. Imaginez si c’était l’amour… peut-être qu’il pourrait le faire tourner dans le bon sens au moins ?

[1] http://www.cdpdj.qc.ca/Publications/rapport_homophobie.pdf

Crédit photo couverture : Instagram @revelandriot