En tant que jeunes professionnels fraîchement diplômés, combien d’entre nous se sont vus, une fois les bancs d’école quittés, complètement désillusionnés? Combien furent surpris par la différence entre l’idée qu’ils se faisaient de leur imminent métier et la réalité? Finalement, combien furent étonnés par les échelons à gravir avant d’atteindre un poste qui leur permettrait de se sentir pleinement accomplis? Heureux furent ceux qui n’ont pas ressenti cette gamme d’émotions. Moins heureux furent les autres, qui comme moi, ont vécu le struggle du passage de statut d’étudiant libre de toute préoccupation autre qu’une lettre sur une copie d’examen à celui de salarié mature et responsable de son futur.

Pourtant, lorsque je regarde ma propre situation, je me dis que j’ai toujours tout fait selon les règles que la société prescrit: une bonne école, des maths fortes (maudits dérivés et intégrales…), chimie, physique et une cote R de feu. Le baccalauréat, ce Saint-Graal, consécration de toutes ces heures à cogiter, calculer et écrire, n’était pas une option, mais une nécessité. Pourquoi alors m’a-t-il fallu enchaîner les stages non rémunérés ainsi que des positions aux tâches réductrices et cela de nombreuses fois, après son obtention? Le truc, c’est que je percevais le diplôme comme une fin en soi et non pas comme une étape de plus d’un long chemin de croix.

J’ai compris un peu plus tard et récemment avec l’ouvrage #GIRLBOSS rédigé par Sophia Amoruso, fondatrice et CEO de Nasty Gal, que souvent la réussite professionnelle ne s’obtient pas nécessairement en suivant les règles communément partagées. Bien qu’elle fasse généralement référence au domaine de l’entrepreneuriat, Sophia spécifie que cette réussite résulte parfois d’un calcul bien pesé entre la reconnaissance de celles qui doivent être suivies et celles auxquelles on doit faire entorse. Et celle qui aujourd’hui est à la tête de la célèbre boutique en ligne s’évaluant à plus de 250 millions de dollars doit savoir de quoi elle parle à mon humble avis! Après avoir difficilement terminé son secondaire, multiplié les petits jobs après maints congédiements et vols à l’étalage, c’est l’acharnement, la dévotion, la rigueur, mais surtout la passion qui l’a mené où elle se trouve, et son exemple n’en est qu’un parmi tant d’autres.

Maintenant, je reconnais que le diplôme n’est qu’un asset, un bagage à outils qui servira à la construction de quelque chose de plus grand, une idée, un rêve propulsé la motivation que procure une passion. Au final, cela provient du fruit des efforts de chacun, et aucun papier ne pourra jamais éviter de manger la poussière. Et il est assuré que sur le chantier de construction, il faudra en manger beaucoup. J’entends par là apporter le café, faire des heures supplémentaires non rémunérées, sourire même si l’on a envie de pleurer, pour ne nommer que ceux-ci. En gros, savoir accepter certaines choses pour apprendre et grandir, et parallèlement apprendre à conjuguer avec son ego! Comme le mentionne Sophia Amoruso: « As an employer I see this often from new hires fresh out of college who expect to immediately get an awesome job that satisfies all of their super-pure creative and pays well. Hey, that’s a great goal. But, like everything, you’ve got to work for what you want.». It’s part of the game, honey. Ça, c’est moi qui le dis.

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Source: http://adorngirl.com/girlboss/

Au final, il faut se souvenir qu’en donnant tout ce qu’on a, cela ne peut qu’être bénéfique à son propre développement professionnel et même personnel. Puis, qu’être au bas des échelons n’est qu’une situation temporaire, le temps de gagner assez d’expérience et d’outils encore plus solides afin de se tailler une place un peu plus haut. Là où on ne peut que regarder ceux qui y sont avec davantage de respect, eux qui sont aussi un jour passé par les chemins poussiéreux où l’on fait sa marque tranquillement. Mais sûrement.  

PS: L’ingestion d’une grande quantité de café latté, de yoga et de vitamine D lorsque possible m’a grandement et continue de m’aider à faire digérer la poussière. À chacun son truc!