J’ai la chance d’avoir énormément voyagé dans ma vie. Ça n’a pas toujours été simple, car se faire des amis lorsque l’on est adolescent peut s’avérer être une tâche compliquée.

Des amis de cette époque, j’en ai gardé, j’en ai laissé, mais jamais complètement oublié. 

Mes amis à Montréal ont une place importante dans mon cœur, car après deux ans d’absences et de multiples aventures, ils étaient toujours là, à mon retour du Liban, prêts à m’accueillir et à continuer l’histoire que nous avions laissée à nos 16 ans. 

Je vous ai vu grandir sous mes yeux, d’ailleurs, je l’ai fait en même temps que vous. Nous sommes passés par les mêmes phases, certains plus tard que d’autres, mais il n’empêche que nous nous sommes construits ensemble, bras dessus, bras dessous, bravant les tempêtes et les déserts, les moments d’incertitude et de grandes joies.

Notre groupe s’est élargi, puis rétréci, il s’est moulé à notre tempérament. 

Je me souviens, notre plus belle année, notre seconde (secondaire cinq). Nous étions si jeunes, mais si soudés. Moi qui arrivais de Beyrouth, le cœur brûlé et l’esprit tourmenté, je me suis trouvé une deuxième famille. 

À grands coups de partay dans nos sous-sols, de gossip, de fous rires, de cours de maths insurmontables, de profs hilarants, de inside jokes, de transferts de petits copains, de sleepovers, nous sommes devenus des adultes (presque?) matures (mouais).

Je suis si fière de vous. 

Nous avons tous pris des chemins très différents. Avocats, scientifiques, acteurs, médecins, vétérinaires, cuisiniers, chefs d’entreprise futurs, tout nous oppose. Et pourtant, nous voilà encore, 8 ans plus tard à nous appeler à trois heures du matin quand un garçon nous a brisé le cœur, à nous cuisiner des plats en mode aftermath de soirée, a regarder Mean Girls en répétant les répliques une par une, à nous faire des regroupements de calins, en répétant sans cesse « mais qu’est-ce que je vous aime bordel ! », à chanter Birthday sex à chaque anniversaire et du R. Kelly quand il n’y a plus rien à faire.

Si les adolescents de nos 16 ans nous voyaient aujourd’hui, je pense qu’ils n’auraient pas peur de grandir, on leur a fait justice, malgré les embuscades et les conflits.

Parce que finalement, plus les choses changent, plus elles restent les mêmes.