Les Australiens, c’est comme la varicelle, il faut qu’on en choppe un au moins dans sa vie pour s’assurer d’avoir un développement normal.

Ce week-end, une de mes amies a attrapé la varicelle.
Non je rigole, elle a attrapé un Australien.
C’est moins chiant!

Dimanche, 6h du mat’, je me réveille. L’écran de mon cell m’aveugle quelques secondes avant que je lise, noir sur blanc : Je ramène un Australien à la maison, yolo.

Mon cerveau a pris une éternité à process cette information-choc. Ramener un Australien chez soi, c’est un peu le jackpot de l’été ­­- genre tu sais que tu peux te diriger vers l’automne, sereine d’avoir accompli ta tâche estivale de t’amuser comme une petite dingue, bercée par cet accent rêveur qui sent bon le sable chaud.

Parce que, oui, je sais ce que sais de pécho un Australien, je suis passée par là il y a de ça quelques années, et laissez-moi vous dire que si la varicelle était aussi sympa, je me la taperais bien tous les ans !

Revenons à nos kangourous.

Je lui réponds donc tout en majuscules (parce que rien n’indique l’excitation mieux qu’un caps lock bien maîtrisé) : QUOI, DUDE
Je me rendors, pour me réveiller quelques heures plus tard, prête à entendre le debrief de la soirée. Tout ouïe, j’écoute mon amie me décrire sa nuitée et son coït international, avec nombreux détails et gesticulations grandioses.

En femme indépendante, mon amie n’a pas souhaité que l’Australien lui flatte les cheveux et reste jusqu’au petit matin, elle l’a gentiment, mais surement poussé vers la sortie une fois le deed terminé. C’est déjà compliqué de faire sa belle gosse dans la vie, alors si en plus faut se concentrer pour avoir l’air canon quand on dort… ça devient compliqué.

Le blondinet est donc rentré penaud retrouvé son compagnon de voyage et son Westphalia en laissant par mégarde sa flasque en cuir dans la chambre de mon amie.

« Non, mais, il était vraiment beau. En plus, il avait plein de tatouages ! »
« Et alors, tu vas le revoir ? »

Question qui tue, réponse qui tue. Étant seulement de passage à Montréal, Mr. Accent-à-tomber-par-terre n’a pas de téléphone sur lui. Et mon amie n’a pas pris son nom de famille, donc pas de chance de le retrouver sur Facebook. Et le mec vient de Tasmanie. Génial.

Après tout, on ne peut attraper la varicelle qu’une seule fois…