La semaine passée, j’ai pris un malin plaisir à critiquer la mode et ses tendances quelque peu cheloues, mais je m’apprête aujourd’hui à faire complètement l’inverse.

Si vous vous souvenez bien, en janvier passé, j’avais exposé sur la toile un pétage de plombs très personnel, à savoir : zero is a size. Pour celles et ceux qui ont trop la flemme de cliquer sur lien, cet article, écrit du bout de ma plume enragée, allait contre cette idée qu’une personne portant du 0 était anorexique.

Je vais sûrement me répéter, mais on peut très bien faire cette petite taille et ne pas souffrir d’une maladie. Par ailleurs, une taille 0 ne signifie pas non plus avoir un corps parfait, sans marques ni bourrelets.

J’ai reçu énormément de feedback positif suite à cet article ce qui m’a fait plus que plaisir et ce qui m’a montré que je ne suis pas la seule à être consternée par cette image divulguée par les médias et la pub en générale. Comme dirait l’autre, faith in humanity restored !

La semaine passée, je me suis amusée à suivre ma colloque dans un shopping épuisant, en mode Pretty Woman, sans prostituée et avec une carte de crédit à bout de nerfs. Alors que je me trainais derrière elle, trois ampoules aux pieds naissantes, un mal de tête rugissant et un estomac se digérant lui-même, mes yeux se sont stoppés net devant une pub dans le Aerie au deuxième étage du American Eagle.

Devant mes yeux écarquillés se trouvait une belle paire de fesses, agrémentées de vergetures. Je dois vous avouer que j’ai un peu beugé. Et puis en me retournant, je me suis rendu compte que toutes les autres images affichaient fièrement des jeunes filles, non retouchées. Plis, grains de beauté, décoloration, tatouages, cicatrices, en veux-tu, en voilà.

Ces jeunes filles auraient très bien pu être mes amies, resplendissantes dans leurs différences et complètement à l’aise avec leur corps. De toutes formes et de toutes couleurs, elles faisaient un pied de nez virtuel à la mode et à ses clichés malsains de squelettes osseux.

Je ne vais pas vous mentir, j’ai été prise d’une violente émotion, face à ces jeunes filles qui n’avaient aucun problème de se montrer quasiment à nu, sans retouches. J’ai eu envie d’arracher ces affiches, les placarder contre les murs de la ville et de crier : « C’est à ça qu’on ressemble ! On est belles ! »

Alors, certes, ces filles ont quand même des corps de bombasses, no matter leurs petits bourrelets, et cela est sûrement en partie dû à un savant mélange d’ADN, mais aussi parce qu’elles prennent soin d’elles. Je ne veux pas mettre de mots dans leur bouche, mais les abdos qu’elles avaient étaient clairement là grâce à de l’entrainement, et non à une privation excessive de nourriture.    

J’attends toujours que Victoria’s Secret s’inspire de Aerie, mais d’ici là, je peux vous dire que je vois mon corps différemment depuis cet incident. Et c’est tant mieux, parce qu’avec l’été qui arrive, j’ai envie de me sentir libre.

Alors les filles, si vous n’êtes pas convaincues, je vous conseille un petit pèlerinage au 2e étage du American Eagle sur St. Catherine…

Aerie message,