Ça y est… comme promis le 10 avril dernier, je me suis séparée de mon compte Facebook.

Prémisse : Pour être honnête avec vous, j’ai toujours pensé que ce moment serait ultra émotionnel. Que les yeux remplis de larmes je ferais mes adieux à la sphère sociale, me bâtissant ma propre tombe, obligée à vivre dans l’oubli et le réel si… plat.

J’avais prévu de faire un milliard de screen caps, de noter dans un agenda tous mes abonnements pour que j’aille jeter un coup d’œil à leur site internet, et finalement d’écrire un message, en mode ce n’est qu’un au revoir, vous me reverrez bientôt. La diva en moi était fin prête à quitter Facebook pour une semaine, mais c’est tout !

Et puis finalement, les semaines sont passées et je ne l’ai pas fait, faute de temps, mais surtout, d’envie. Pourquoi se priver de quelque chose qui nous apporte de la satisfaction ? Pourquoi me priver de la présence de mes amis ? Pourquoi me priver de leurs nouvelles et de nouvelles mondiales ? L’envie subite qui s’était emparée de moi à Pâques d’effacer mon nom à jamais de la toile s’est dissipée aussi vite qu’elle est arrivée.

Et puis deux mois plus tard, quasiment jour pour jour, cette envie est réapparue, plus forte que jamais. Si forte d’ailleurs que je n’ai pas pris le temps de préparer mon escapade électronique. Assise à la table du salon, j’ai désactivé mon compte sans vraiment chercher à comprendre. Une fois la désactivation faite et valider, j’ai poussé un énorme soupir de soulagement; comme si un poids avait disparu, comme si je ne devais plus rendre de compte à qui que ce soit.

Mes constats

  • Les premiers jours ont été vides d’information. Le besoin de scroller incessamment est venu me titiller plusieurs fois. Pour pallier à ce besoin, je suis allée me réfugier sur Pinterest et Tumblr où de belles images et de belles idées sont venues remplir mon univers. Je suis même allée faire quelques tours sur LinkedIn, moi qui n’y vais jamais, histoire de me dire que j’étais quand même en contact avec des humains.
  • Très peu de mes amis se sont rendu compte que j’avais disparu de la toile. Je pensais que ça me troublerait plus que ça, au final je m’en fiche. Tant que ceux qui ont besoin de me contacter y arrivent, il n’y a bien que ça qui compte. Skype, Watsapp, Facebook, texto, appels, il y a quand même pas mal d’alternatives.
  • Je me suis reconnectée deux secondes sur Facebook pour trouver de l’information dont j’avais besoin, et j’ai tout de suite été prise par une crise de panique. C’est une émotion viscérale qui s’est emparée de moi, comme si on venait de m’annoncer une mauvaise nouvelle. Trop d’informations, trop d’amis, trop de tout.

Constat final

Cet exercice s’est avéré beaucoup plus psychologique que je n’aurais pu penser. Je ne suis pas certaine qu’il soit sain de désactiver son compte si on n’a pas de raison de le faire- je comprends qu’on puisse avoir Facebook continuellement, je le fais moi-même depuis presque dix ans (mon Dieu que le temps passe vite….) Pour ma part, c’était un besoin de me faire oublier et de revenir à des valeurs plus sentimentales : la lecture, l’écriture, la photo, l’amitié franche et vraie. De me retrouver, de passer du temps avec moi, quitte à ce que ce soit en tête à tête avec Netflix, mais de disparaître complètement. De ne plus avoir de rendre compte… Même si personne ne m’en a jamais demandé.

Cet exercice ne se termine pas aujourd’hui pour moi. Je ne pense pas retourner à Facebook avant un petit bout de temps. Plus besoin de validation extérieure, les gens peuvent bien vivre sans connaître mes faits et gestes.

Et j’ai découvert par ailleurs que les amitiés les plus fortes surpassent les limites de Facebook. J’ai eu un nombre surprenant de conversations « vraies » depuis que j’ai fait disparaître mon compte. Coïncidence ou non, je suis rassurée de voir que mon profil n’équivaut en aucun cas à la personne que je suis.

Sur ce, je m’en vais faire du repassage. Parce que la vie sans Facebook ce n’est pas tous les jours glam non plus, oh ne vous faites pas d’idées non plus !