En mathématiques, une identité est le terme pour décrire deux unités qui s’écrivent différemment tout en étant la même chose. Et si nous étions que des nombres, régis par les grandes lois des maths?

Et si nos différences, qui créent nos identités, n’étaient que prétextes à se croire uniques? L’unicité serait-elle une illusion? Nous sommes tous pareils, nous faisons tous partie d’un monde minuscule par rapport au reste de l’univers. La simple expression de sa différence ne se compte pas, comme pour deux nombres décimaux dont la seule différence est le (septième) milliardième après la virgule.

Les questions existentielles, « Qui suis-je », « Ou vais-je », « D’ou viens-je », deviendraient obsolètes. La seule interrogation qui vaudrait la peine d’être posée serait alors d’être ou de ne pas l’être. Car au final soit on l’est, soit on ne l’est pas, soit l’on n’est plus ou soit on ne le sera jamais. Et si c’étaient les seules différences fondamentales qui nous distinguent les uns des autres? « L’existence précède l’essence ». À la base, l’être humain ne possède pas de réelle valeur intrinsèque. Il acquiert ce qu’on appelle une identité à travers sa conscience et ce qui l’entoure. Il finit par se construire tel que le conditionne son environnement. Ainsi, nous n’aurions pas d’identité puisque nous ne sommes en aucun cas différents des autres. Nous ne ferions qu’exister.

Vision noire et pessimiste? Peut-être pas. Chacun peut se voir attribuer une écriture mathématique différente. Les intérêts peuvent diverger, les ambitions aussi. La culture et les mœurs y jouent pour beaucoup, tout comme la personnalité et la richesse. Mais même si ces acquis qui ponctuent l’existence construisent notre diversité et sa cousine l’inégalité, celles-ci s’estompent dès que l’on se rend compte de ce qui fait équilibrer depuis toujours notre équation: les deux termes sont égaux!

Par a+b, le fait de se savoir tous pareils nous rassemble alors encore plus vigoureusement. Il n’existe pas de distinctions profondes entre les êtres. Alors, à quoi bon en chercher? À quoi bon essayer de se démarquer, par la quête de la puissance, du bonheur, du malheur, si au final notre voisin est nous?

L’être humain n’est absolument rien dans l’immensité du cosmos. *Dum Dum Dum* Qu’à cela ne tienne, ça n’empêche pas les optimistes, qui veulent vraiment se rendre utile, de parachever la seule évolution possible: dans un monde ou tout le monde est tout le monde, et personne n’est personne, l’important devient alors de bouger tous ensemble, à la même vitesse et de la même manière, pour élever l’humanité entière au degré désiré, sans aucune discrimination. Après tout, si (a-b) = (c+d), (a-b)2 =(c+d)2