J’ai de bonnes amies qui sont aussi de grandes magasineuses. Toujours à l’affût d’un nouvel arrivage ou de la meilleure aubaine, elles ont un talent naturel pour trouver THE kitqui me rend folle d’envie lors de nos soupers de filles (heureusement, elles partagent).

J’adore la mode moi aussi, mais je dois faire un aveu : je ne suis pas comme mes copines. Je n’aime pas magasiner. Je sais, choking! Pour moi, le magasinage est une nécessité plutôt qu’un plaisir. Quand j’entre dans un magasin, je jette un coup d’œil aux murs et aux racks et je dois trouver rapidement ce que je cherche : il faut que le morceau me saute à la figure, littéralement. Je n’ai pas la patience de faire défiler les cintres dans l’espoir de trouver la perle rare, c’est comme ça. Dans mon cas, le Winners est au magasinage ce qu’une longue ride d’autobus bondé est au moyen de transport : juste désagréable.

Bref, tout ça pour dire que mes amies m’ont proposé de les accompagner à une vente d’entrepôt la semaine dernière. Toujours ouverte aux nouvelles expériences, j’ai tout bonnement accepté l’invitation… erreur !

Arrivées à destination, on nous fait entrer dans un entrepôt glauque par la porte arrière. Après que mes yeux se soient habitués à la noirceur de l’endroit, je vois enfin la chose. Des vêtements, que dis-je, des milliers de vêtements dans un fouillis complet. Des piles immenses où les styles, les coupes, les couleurs et les grandeurs sont tout simplement éparpillés en couches sur de longues tables. Autour de celles-ci grouillent des centaines de magasineuses aguerries qui se dépêchent d’amasser un max de morceaux dans leur sac Ikea.

Je ne suis pas de taille, c’est clair. Je tente de me frayer un chemin à travers l’océan de robes et de foulards, je ne trouve rien de ma grandeur, je ne vois rien, je soulève des morceaux et les laisse retomber… je suis perdue. Heureusement que mon amie tente de me trouver des outfits, voyant probablement dans mon regard que je suis une vraie mésadaptée dans cette jungle de tissus.

Chacune tente de se trouver un spot entre les rangées pour se déshabiller et essayer ses trouvailles. La température frôle les 50 degrés et les odeurs de sueur et de petits pieds se mélangent gaiement. Mes amies et moi nous trouvons un petit coin entre deux tas de vêtements abandonnés. Après en avoir essayé une trentaine, mon record personnel, je décide de repartir avec seulement trois morceaux pour respecter mon budget serré (lire inexistant). Ce sont des vêtements griffés, mais ils sont quand même à 50% right?

Arrivée à la caisse, le caissier coupe vite les étiquettes et j’entrevois le montant sur la caisse. Mon cœur arrête de battre. Je vais payer Visa, que je dis, un p’tit sanglot dans la voix. 50% de très cher, c’est juste cher.

Je vois un faisceau de lumière… la porte de sortie, enfin ! Mes amies sont exaltées, je suis exténuée, mais nous sommes surtout honteuses de nos dépenses folles. On finit la soirée au McDo, fauchées. Je sais qu’elles répéteront encore l’expérience, mais la prochaine fois, je les rejoindrai au moment de commander un trio McCroquettes.