Samedi passé, il m’est arrivé un petit incident au visage. Résultat : cinq points de suture au-dessus de la lèvre. Une fois que j’ai su que je ne risquais pas la mort, ma première pensée a été pour l’esthétisme. Je vais ressembler à quoi une fois guéri, parce que live, on dirait que j’ai emprunté le smile à Jean Chrétien  ! Vais-je répugner le sexe opposé, ben oui, on dramatise jusque-là ! Après ce bref moment d’inquiétude, j’en suis venue à cette conclusion : une petite cicatrice sur le bord de ma lèvre ne va rien changer de la personne que je suis. Dans le pire des cas, je vais juste être plus charmante, ben quoi, on essaye de se remonter le moral du mieux qu’on peut ! Ma soeur tentait de dédramatiser la situation en disant : « Imagine toutes les histoires que tu vas pouvoir inventer quand les gens vont te demander ce qui t’est arrivé ! », elle n’a pas tort ! Je vais pouvoir passer de mon côté maladroit à un fight club jusqu’à une chasse aux crocodiles pour les plus naïfs !! Bref, une fois mes émotions remises, j’ai pensé à l’importance de l’esthétisme dans les relations !! Doit-on se mettre all-in pour notre extérieur ?

Notre apparence est la première chose que les autres voient de nous. Souvent, et malheureusement, certaines personnes s’arrêtent au premier regard, à la première impression, pour porter un jugement. Il vous est surement déjà arrivé de trouver une personne de plus en plus belle à force de la connaître. Ce n’est pas seulement son physique qui l’a rend belle, mais sa personnalité, le charme qu’elle dégage, son humour et c’est son tout qui l’a rend attrayante. C’est pour ça, qu’une personne soi-disant très belle, mais qui ne dégage rien de particulier sera vu comme moins attrayante qu’une autre, un peu moins belle, mais qui dégage de la confiance, de la joie… Alors, pourquoi accorder autant d’importance à notre physique ?!

Quelques mois avant la saison des maillots, on sculpte nos corps au gym. L’été arrivé, on fait le bacon au soleil pour avoir le teint parfait qui mettra les muscles qu’on a cultivés en valeur. Et là, on parle encore des transformations dites ‘‘ naturelles ’’. Parce que certains y vont vraiment all-in avec des modifications irréversibles. Ça vous dit quelque chose les chirurgies plastiques ?!

Un ami me racontait dernièrement que sa petite soeur, qui vient tout juste de franchir la majorité, avait rendez-vous avec un chirurgien pour se faire mettre de seins. Son excuse : elle n’en a vraiment pas et ça fait qu’elle n’a pas confiance en elle. Euh… WHAT ?! La confiance, ça se travaille, ça évolue, ça ne se rajoute pas avec une augmentation mammaire. Je trouve que les personnes qui encouragent ce genre de transformations pour des raisons semblables passent le message qu’en rajoutant des artifices à ton extérieur, ton intérieur va mieux se porter. Oui, sur le coup, elle va surement ressentir plus de confiance, mais ce sera artificiel et passager. Ça ne proviendra pas d’elle-même, mais de ce qu’on lui a rajouté. Et là, je ne rentre même pas dans les complications possibles et dans l’entretien que de telles transformations exigent pour le reste de la vie.

Enfin… Pour en revenir à ma petite cicatrice, à 17-18 ans j’aurais vu ça comme une défiguration totale. J’aurais pleuré durant des jours, semaines…OK, durant des mois, et j’aurais tout fait pour la cacher. Aujourd’hui, je ne m’en fais pas trop et je trouve que ça va même me faire un ‘‘je ne sais quoi’’ plutôt cute. Les p’tites ‘‘imperfections’’ rendent les choses bien plus intéressantes. C’est vrai que sur le coup, la perfection est impressionnante, mais à la longue elle devient inintéressante. Pourquoi ce changement de pensée/réaction : tout simplement dû à la maturité et à la confiance en soi qui évolue au fil du temps.

Alors, dans une société qui nous exige tout le temps du plus-que-parfait, moi je propose de se concentrer sur l’imparfait du présent. Embellissons pleinement notre intérieur et balayons du revers de la main les petits crétins qui ne voient que l’extérieur.