Pour ceux d’entre vous qui me suivent depuis quelque temps, la phrase suivante ne vous étonnera pas : j’aime les dates. 

La dernière année, Tinder m’a énormément aidé à ce sujet. Des dates, j’en ai eues, des vertes et des pas mures. J’ai appris beaucoup de choses sur la manière nord-américaine de voir les relations, et comment celles-ci se forment. C’est tout un art celui de la conquête et c’est avec beaucoup de patience que j’ai réussi à le perfectionner. 

En Amérique du Nord, embrasser quelqu’un ne veut pas automatiquement dire que cette personne devient tout d’un coup votre douce moitié. Vos lèvres contre les siennes, ne veulent strictement rien dire, à part peut-être un hésitant tu me plais, t’es pas mal. En France, si mes souvenirs sont corrects, à moins que votre aventure ne s’arrête à un coup d’un soir, il y a de fortes chances pour que vous soyez en couple au bout de la deuxième revoyure. 

Au Canada, comme aux États-Unis, il s’avère que la complication soit de mise avec la fameuse question qui tue : Are we exclusive ? Cette interrogation, ultra sensible, prend des semaines voir des mois à se faire prononcer. On ne la demande pas à n’importe qui et pas à n’importe quel moment. Mieux vaut être prêt à entendre le meilleur comme le pire. 

Avant cette fatidique question se passeront de nombreuses dates. Celles-ci varieront d’un simple verre au bar du coin à une bonne baise avec des crêpes le lendemain. Rien n’est à proscrire, tout est possible, et c’est là que les choses deviennent un peu compliquées. Celui ou celle qui vous intéresse pourra très bien, durant cette période, vous présenter à ses potes. Il/elle vous présentera par votre prénom, mais jamais par votre statut. En même temps, dire tout haut « Salut les gars, voici Robert, mon plan cul », ça passe moyen moyen… Donc il y aura toujours une certaine ambigüité quant à votre relation et tout le monde trouvera ça grave normal. Un de ses amis demandera sûrement négligemment en fin de soirée sooo, are you guys a thing ? ce qui engendra un certain malaise, un petit ricanement ridicule et de la transpiration de vos paumes. No biggie. 


Je ne vous raconte pas le bordel en ce qui concerne le PDA (
Public Displays of Affection). On y va en mode YOLO, on frôle sa main et on lui vole un bisou sur la joue, sans pour autant lui rouler un gros palot un verre de vino dans la main. Tout est dans la classe et la subtilité (lol). 

Quand viendra le moment de susurrer are we exclusive en train de savourer une glace au Bilboquet, attendez-vous à ce qu’il/elle fasse un pas en arrière et bafouille quelques excuses en sortant un carnet d’adresses avec les noms de ses conquêtes. L’exclusivité est autant un tabou qu’une bonne nouvelle. 

Une fois qu’il/elle vous dira oui, c’est DANS LA POCHE LES COPAINS. Vous êtes officiellement un couple, après 100 cuites mal gérées, un aller-retour à Tremblant avec ses amis et un aperçu très discret de ses parents…