Vous est-il déjà arrivé de vous sentir surmenés par tout ce qui vous entoure? Vous savez, quand on sent qu’on n’a plus vraiment le contrôle sur notre vie, que ce sont le travail, les études, les activités sociales et toutes les autres obligations qui font en sorte que l’on continue d’avancer. Un peu comme si on se trouvait dans un bateau à toute vitesse sur l’océan et qu’on n’avait plus vraiment le contrôle sur le courant qui nous portait.

Dans le monde dans lequel on vit, toute notre société (ou presque) est basée sur le concept de performance. En effet, force est de constater qu’on ne peut plus vraiment être correct, ordinaire, dans les sphères de nos vies. Non, il faut plutôt être EXTRAordinaire. Il faut avoir d’excellentes notes à l’école, une promotion au travail, pratiquer un sport de façon régulière, promener son chien trois fois par jour pendant une heure, donner de son temps pour des œuvres de charité, organiser régulièrement des sorties entre amis et entretenir la flamme de son couple en faisant des randonnées au Mont St-Hilaire et des soupers dans des bistros branchés du Vieux-Port. Et je ne parle même pas de quand on a des enfants!

De nos jours, les parents se doivent (en plus de faire toutes les activités mentionnées ci-haut) de cuisiner des repas et des collations santé et biologiques, pas question d’aller chez St-Hubert une soirée où on se sent fatigué de la semaine, non, vos enfants pourraient manger des croquettes de poulet et un sundae en forme de clown, ce qui équivaut, de nos jours, à du poison alimentaire. Il faut aussi emmener ses enfants au soccer, aux cours de natation, aux pratiques de piano, en plus de leur organiser une fête d’anniversaire à thématique de pirates digne de Pinterest.

C’est ce qu’on appelle : le syndrome de l’ultraperformance. On en est tous atteint à un moment ou à un autre de notre vie. En raison de cette constante pression de performance, on se sent plus que jamais obligés d’en faire trop. C’est vrai qu’il est bien de donner le meilleur de nous-mêmes dans tout ce qu’on entreprend, mais est-on vraiment obligé de tout exécuter à la perfection? En plus de s’investir dans le maximum de projet en même temps?

Je me confesse, je suis aussi gravement atteinte du syndrome de l’ultraperformance. Il n’y a pas si longtemps (et même encore aujourd’hui), je voulais tout faire, et ce, parfaitement. Jusqu’au jour où j’en ai eu assez de courir et d’étouffer sous la pression. J’ai décidé de m’arrêter pour profiter du moment. Bien sûr, je ne dis pas que la solution à ce problème est de tout arrêter et de se la couler douce à longueur de journée. La vie étant ce qu’elle est, il est normal d’essayer de conjuguer les différentes activités à notre emploi du temps et de se sentir fréquemment très occupé. Mais, si on commençait par arrêter de se mettre de la pression dans tout ce qu’on fait?

On peut s’entraîner 4 fois par semaine si c’est ce qui nous rend heureux, mais rien ne vous empêche de vous limiter à un cours de Zumba tonus le jeudi soir si cela vous permet d’avoir plus de temps pour vous dans d’autres sphères de votre vie. De même que d’organiser une simple fête avec une pinata, de la pizza froide et des crottes de fromage à votre fils pour ses 6 ans, il sera heureux de la présence de ses amis et ne se rendra même pas compte que votre projet de fabriquer un gâteau en forme de Spiderman a échoué (parce qu’on va se le dire, les DIY sur Pinterest ne sont pas faisables à moins de s’appeler Martha Stewart).

Quand on se sent porter par le tourbillon parfois frénétique, parfois déchaîné de la vie, pourquoi ne pas simplement prendre le temps de s’arrêter et de prendre une pause pour soi? Parce qu’au fond, la vie ne se calcule pas en indice de performance, on fait ce qu’on peut et c’est tout.

Faire notre possible, c’est justement au bout du compte, ce qui fera qu’on sera fier de soi.