Je ne suis pas une grande sorteuse. Principalement parce que quand j’ai un moment de libre, j’ai plus souvent envie de me reposer (Netflix & chill au sens propre du terme) que de me défouler sur un dancefloor, un verre à la main ayant coûté l’équivalent de mon taux horaire au travail. N’empêche, il y aura toujours ces soirées au niveau d’epicness particulièrement élevé, ne serait-ce que par leur rareté ou le facteur-surprise qui s’y rattache. Mais surtout parce qu’elles sont souvent élaborées et menées par des amies qui ne manquent pas d’énergie, limite wild, arborant fièrement un sourire rouge flamboyant contrastant avec l’éclat de leurs dents blanches, tel un manifeste contre l’ennui.

J. & I. font partie de cette catégorie de filles qui connaissent la valeur du moment présent, balayant du revers de leurs mains bien manucurées les jugements d’autrui. Qui vivent la nuit comme si c’était la première, mais surtout la dernière. Je l’ai découvert samedi soir dernier, alors que Netflix & chill n’était pas une option, moi qui venais d’obtenir une ‘’promotion’’; je me devais de fêter l’événement autrement que devant mon écran d’ordi. Quelques mots lancés à travers la sphère numérique à J. afin de connaître ses plans pour la soirée, puis j’apprends que la belle s’est fait invitée par le gérant d’un célèbre DJ au spectacle de ce dernier. Guestlist pi toute. Puis, qu’il ajoutera mon nom avec celui de I., une autre amie, à la liste si je le voulais! Niveau d’invraisemblabilité? Dans le plafond. Niveau d’excitation? Atteignant la stratosphère.

Plateau Mont-Royal, 23h00. Malgré la bouteille de Bombay Sapphire vidée, il me reste assez de jugement pour admirer le travail du chauffeur d’origine tunisienne qui accepte via l’application tant controversée de nous conduire à bon port. Qui sait jongler avec l’humour singulier de J. & I. ainsi que celui de toutes les demoiselles un peu chaudes sur les bords qui doivent animer son véhicule à l’odeur vanillée les soirs de week-end. Hommage à vous, monsieur, qui répétez quatre fois votre nom, finissant tout de même déformé par nos langues franco-québécoises pure laine. Hommage à votre bon coeur et votre rire sincère lorsque J. mentionne que votre mère doit faire le meilleur couscous en ville et que I. vous demande si votre père chauffe des montgolfières. Vous qui acceptez de faire des selfies avec trois blondes échevelées, en plus de vous faire glisser docilement un Ferrero Rocher à la bouche par I. (qui aurait dit non à cela?). En voilà un qui aura davantage ri en notre compagnie que s’il avait assisté au dernier spectacle de Mario Tessier.

Arrivées à destination, le berceau du douchebagisme montréalais que je m’étais secrètement juré de ne jamais fréquenter (j’ai nommé le New City Gas), la soirée bat son plein tel que prévu. Nos pulsations cardiaques sont savamment contrôlées par le DJ qui trône devant une foule hypnotisée par le beat, l’alcool ainsi que toutes les substances illicites s’étant frayées un chemin dans la foule malgré la sécurité accrue. Je passerai ici les détails de ce récit qui s’est poursuivi jusqu’aux petites heures du matin, après que maints étrangers soient impressionnés parfois même interloqués par la spontanéité de mes amies suite à leurs tentatives de séduction. Ode à celles-ci ainsi qu’à tous les sympathiques chauffeurs de taxi qui savent donner aux samedis soirs une lueur de gaieté et à nos coeurs un peu de chaleur en cet hiver pas prêt de se terminer.