J’ai toujours été dans la lune, j’ai une grande capacité à me détacher de l’instant présent et de partir loin dans mes pensées. Elles me réconfortent lorsque le monde extérieur ne me satisfait pas assez.

Lorsque j’étais petite, je me racontais des histoires à voix haute avant de m’endormir. Si je sombrais en pleine phrase, j’attendais le soir d’après impatiemment pour continuer à explorer le fin fond de mon esprit.

Mes rêves m’emmenaient à l’autre bout de mon lit, sous ma couette où un monde de possibilités et d’aventures s’offrait à moi. Finis les équations, l’orthographe, la cour de récrés, les jeux de billes et les embrouilles sans queue ni tête. J’étais enfin dans mon monde, où personne ne pouvait me toucher. Je pouvais papoter avec des sirènes et compter les étoiles, allongée dans un champ immense, ma doudou à mes côtés.

Aujourd’hui, j’ai remplacé mes songes féériques par des images de qui j’aimerais être plus tard. Si je ne m’entretiens plus avec des créatures mystiques en sirotant un diabolo fraise, je partage mes craintes et mes envies avec mon ombre, la Constance dans un an ou deux.

Je fais des plans sur la comète, je construis mentalement mon futur. Si j’ai des envies de grands espaces verts, je m’assois quelque part dans un coin de ma tête dans un pré fleuri et si je me suis plus dans un mood city girl, alors mes yeux voient à travers les fenêtres d’un loft New-Yorkais à Soho.

Mon imagination est mon armure lorsque la vraie vie devient trop lourde. Nous avons tous besoin d’une échappatoire, et j’ai la chance d’avoir trouvé le mien à un très jeune âge. Certains diront que la musique leur permet de disparaître, que l’écriture est leur sanctuaire ou que le dessin les apaise. Et bien moi, c’est ma tête qui m’apporte de la sérénité, ce qui tombe plutôt bien puisque je la transporte avec moi, partout où je vais.

Elle me permet de garder une âme d’enfant tout en évoluant à mon gré. Lorsque la vingtaine devient trop difficile à supporter, je grimpe un arbre et me retrouve dans ma cabane, au-dessus de tout. J’allume la lumière et je me ressource. Les bruits ne peuvent plus m’atteindre, je n’entends que mon souffle qui retrouve sa régularité et le vent qui froisse les feuilles autour de moi.

Si je tends les bras, j’arrive même à cueillir les étoiles et je les dépose dans un grand panier. Je m’en nourris et leur chaleur me donne le courage de redescendre l’échelle et de revenir sur la terre ferme.

Si je suis avec vous et que soudainement je ne semble plus être à l’écoute, c’est sûrement que je suis partie faire une cueillette étoilée en espérant pouvoir partager mes trouvailles avec vous.