Elle se sent déguisée quand elle se maquille, comme si elle portait un costume gras et chimique qu’elle ne pouvait pas enlever. Elle n’a jamais aimé mettre quoi que ce soit sur sa peau, autres que du savon et de la crème hydratante. Pas d’exception pour la crème solaire: ses racines méditerranéennes le lui permettent jusqu’à un certain point. C’est qu’elle se sent mieux au naturel, et ça lui va si bien. Ses cheveux frisés ont beau pu changer de longueur à travers les années, ses boucles, elles, ne se sont jamais dissipées, toujours fidèles au poste et domptées de temps en temps par de la lotion anti frisottis et par du bon sens tout simple qui fait sourire: « Chaque matin je replace un peu mes cheveux avec mes mains parce qu’ils sont aplatis par l’oreiller. »

Elle se sent mieux au naturel. C’est un peu pour ça qu’elle a choisi son métier. Son rêve a toujours été d’exploiter un vignoble et d’en faire du vin. Son père avait des terrains propices à la culture du raisin, et elle a décidée d’étudier l’horticulture. Être horticultrice au Jardin Botanique c’est être en contact avec des êtres simples et naturels eux aussi. C’est pouvoir user de sa créativité avec le beau et le sauvage. Les fleurs sont synonymes de vie et de chaleur. Elles représentent les saisons mais surtout la beauté dans sa forme la plus brute et la plus élégante à la fois. Les plantes sont des êtres vivants qui ne se plaignent jamais. Elles attendent patiemment de bourgeonner tout simplement pour qu’on les admire, sans maquillage ni talons hauts. Elle les récoltent, les sèment, les observent, les repiquent puis les contemplent à nouveau. Elle les arrosent, les pincent puis les voient fleurir. Et ainsi de suite. Il n’y a pas de cycle plus accompli que celui-là.

Elle se sent bien dehors. L’air extérieur lui prodigue inspiration et fraîcheur pour créer dans la terre. C’est pour ça qu’elle se badigeonne tous les jours les mains de crème, et qu’elle déteste le parfum, surtout à l’entrée de La Baie. Elle n’aime ni les bureaux ni les ordinateurs. Elle s’habille confortable et barbouillé quand elle travaille. Elle est tout aussi confortable quand elle sort, mais impeccable et chic. Elle n’est ni pomponnée ni kitch, elle est belle et on ne lui verra jamais au grand jamais de chaussures blanches aux pieds. Elle sait ce qu’il lui va et ne porte pas de bijoux à l’excès. Elle aime ce qui est fiable, mais délicat, comme les vivaces. Elle est féminine et douce mais n’a pas peur de se salir.

Maman elle est aujourd’hui comme une fleur qui bourgeonne à nouveau dans ma tête en ce dimanche de fêtes. Cette ode est à toi. Je t’aime.