Mon retour au Québec rime toujours avec un traditionnel souper de filles qui me permet de me mettre à jour dans la vie de mes grandes copines #gossipgirls. Cette fois, deux de mes très chères amies avaient une nouvelle conquête amoureuse, donc je me suis empressée d’en apprendre davantage sur l’heureux élu. Après avoir demandé leur nom et âge, c’était au tour de la question « que fait-il dans la vie? » et en demandant ça, je faisais automatiquement référence à leur profession. J’ai alors réalisé qu’inconsciemment, je me formais une image stéréotypée de la personne en ne me basant que sur l’un des aspects de sa vie. C’est vrai que pour certains, leur emploi définissent bien ce qu’ils sont, mais il y en a d’autres pour lesquels, leur travail n’est qu’accessoire à l’accomplissement de ce qui les passionne vraiment. J’ai aussi constaté que c’était totalement biaisé que de faire l’association directe entre « ce qu’une personne fait dans la vie » et son emploi…

Je trouvais très ironique le fait que moi-même je fasse cette association et que j’aie une idée préconçue de quelqu’un selon son travail alors que j’ai longtemps redouté que les gens fassent cela avec moi.

En effet, quand j’ai commencé à voyager et que j’ai découvert le surf, la plupart du temps je partais de 2 à 3 mois et je revenais ensuite travailler 4-5 mois ici en tant que serveuse… Oui, serveuse aka celle que certains ont tendance à identifier faussement à la fille qui n’a pas trop d’éducation. Et quand on me posait la fameuse question, qu’est-ce que tu fais dans la vie? j’étais toujours très embarrassée de dire: je suis serveuse. Ma phrase ne s’arrêtait jamais là… Il y avait toujours un « mais » comme si j’avais à me justifier. Je suis serveuse…, MAIS c’est parce que j’aime vraiment voyager et surfer et puis c’est une façon rapide de faire de l’argent pour pouvoir repartir. Je ressentais le besoin de m’expliquer parce que j’avais peur du jugement des autres. Je faisais tellement plus dans la vie que de servir des bucks de bière et des burgers ! Je ne voulais surtout pas que les gens m’étiquettent comme une simple serveuse. Ça ne sonnait pas aussi bien que de répondre que j’étais chargée de projet ou coordonnatrice marketing, ce qui aurait été plus logique étant donné que je venais de passer les trois dernières années à étudier en communication. Mais au fond de moi, je n’avais aucunement envie d’occuper de telles professions. J’aimais mon travail et je le voyais plutôt comme un bon compromis me permettant de continuer d’expérimenter ma passion sans avoir à attendre impatiemment mes deux semaines de vacances par année. Non seulement cet emploi de serveuse a été le pas nécessaire qui m’a permis de me rapprocher de mon rêve, mais j’y ai aussi rencontré des personnes authentiques et passionnées avec qui j’ai développé de grandes affinités.

J’ai compris que l’emploi ne définit pas une personne. On peut s’accomplir dans tellement d’autres sphères de notre vie. Trop souvent, on juge, consciemment ou non, une personne en fonction de sa profession… et de son portefeuille ! Oui, oui, on l’a tous fait !

Cette soirée-là, j’ai donc pris la décision que dorénavant, lorsque je voudrai en apprendre plus sur quelqu’un, je ne chercherai pas automatiquement à connaître sa profession… Parce qu’on fait bien plus que notre emploi dans la vie !!!