Pour certains, ce titre sonne comme de la musique à leurs oreilles, pour d’autres il est peut-être porteur de questionnements passifs agressifs comme « qui fait ça ?! »…

Eh bien moi, moi les amis je l’ai fait et même si je ne regrette pas une seule seconde mon choix… Je comprends que l’on peut trouver ça un peu fou.

On a tous déjà eu cette envie folle de poser un geste big and bold du genre : demain je claque la porte et je ne remets plus jamais les pieds dans ce bureau—  I’M DONE! On s’est tous imaginé cette sortie théâtrale digne d’une série de HBO et juste à y penser, il y avait un peu de lumière au bout de notre tunnel. Cette scène je me la suis imaginée des dizaines de fois, et ce, depuis mon premier emploi de jeune collégienne.

Cet été, j’en étais rendue à un point où j’y pensais tous les jours. Ma scène était tellement bien peaufinée que je savais quels souliers j’allais porter, quels allaient être mes derniers mots et je pouvais même sentir le vent dans mes cheveux en ouvrant la porte férocement. Lorsqu’on est tanné d’une job à ce point là, c’est le temps de se poser de sérieuses questions et surtout d’écouter NOS réponses. Les conseils des autres ne sont pas mauvais en soi, mais ils ne sont peut-être pas adaptés à notre réalité, ce que NOUS vivons au quotidien. La sécurité financière, les opportunités, les « tu es chanceuse de travailler dans ton domaine », blablabla vous les connaissez déjà ces bons vieux arguments-là. C’est probablement même ceux-là qui font que vous ne la faites jamais votre maudite sortie grandiose!

Bon, vous vous doutez bien que ce n’est pas comme ça exactement que j’ai quitté mon employeur, je suis jeune et fringante, mais tout de même pas assez fofolle pour briser des relations professionnelles précieuses et qui plus est me faire une mauvaise réputation dans MON DOMAINE! J’ai tout fait en bonne et due forme, comme une grande!

La minute après avoir verbalisé timidement ma démission à l’un de mes boss, j’ai vu les nuages sombres se diviser au-dessus de ma tête et la tignasse ébouriffée de Mufasa sortir des cieux. J’étais délivrée, libre, on my own, soulagée, moi-même à nouveau!

Je me souviens à 17 ans, lorsque je travaillais comme conseillère en vente (lol) chez Tristan j’en ai vu passer des filles plus du tout motivées, acerbes et tellement négatives qu’elles réussissaient à t’embarquer avec elles dans leurs journées de marde. À ces pauvres démotivées de la vie, je disais :  » si tu n’aimes plus ça à ce point, vas t’en…trouves ta voie man ».

Je me suis appliqué ce sage conseil de fille bright de 17 ans parce que je n’en pouvais plus de sécréter une énergie complètement opposée à la mienne. Celle de la crazy girl qui fait des cocktails au sommet d’une montagne, la D.A. motivée qui coupe des fleurs jusqu’à minuit pour un party de Noël ou de la recherchiste qui convainc 15 surfeurs de participer à un tournage pro bono. Je n’avais vraiment aucun intérêt à être une vieille grébiche qui chiale en intégrant des articles dans un CMS comme un robot en parlant dans le dos de ses collègues pour rien.

On a tous des semaines de marde, non, on ne fait pas seulement ce qu’on aime dans la vie, j’ai compris. Sauf qu’on n’est pas obligé d’être sur le pilote automatique. Quand ça va mal, demandez-vous si à plus long terme votre position à ce qu’il faut pour vous rendre heureuse, pour vous rapprocher de vos rêves. Si vous êtes capable de vous figurez ça, cramponnez-vous à vos demi-murs de tapis rugueux et persistez. Les jours heureux approchent! Si au contraire vous n’avez plus de défi, vous n’apprenez plus et bien osez faire le leap of faith de quitter.

Vous pouvez aussi le faire avec un plan B, on n’est pas tous des kamikazes et c’est BEN correct. Si toutefois vous décidez d’y aller commando (sans une nouvelle job qui vous attend) sachez trois choses 1 – oui ça va être aussi difficile que vous pensez 2 – ça va vous prendre de l’argent de côté 3 – vous n’allez peut-être pas faire ce que vous voulez dans l’immédiat, mais croyez-moi : vous ne le regretterez jamais!

Feel free to ask any question!