Je me fais souvent demander pourquoi j’ai décidé d’aller en sexologie. À chaque fois, je ne sais pas trop quoi répondre. J’ai déjà essayé d’expliquer à mon dentiste que la psychologie m’avait toujours attirée et que sans trop savoir pourquoi, ça s’était spécifié vers la sexologie. Vous comprendrez le choc que j’ai eu en l’entendant dire : « Ah, c’est parce que quand tu as découvert le sexe, tu as trop aimé ça! », surtout venant de mon dentiste pour qui, d’ordre général, la seule chose qui sort de sa bouche est un sourire parfait.

Bref, tout cela pour dire que depuis le jour où j’ai décidé de m’en aller en sexologie, je me pose toujours la question pourquoi!? Et c’est seulement dernièrement que j’ai pu y trouver une réponse. Ce n’est pas moi qui ai choisi d’aller en sexologie, c’est les autres qui m’ont convaincue que c’était ce que je devais faire.

Je m’en rappelle comme si c’était hier. J’avais 16 ans et j’étais dans mon cours de robotique, lol robotique, et un gars me racontait qu’il n’arrivait pas à éjaculer quand il faisait l’amour avec sa blonde. Et ce ne fut que le début. Après ça, ç’a été des messages textes d’amies un peu anxieuses parce qu’elles avaient oublié de prendre une pilule contraceptive et qu’elles avaient eu un rapport sexuel non protégé. Ç’a été un inbox d’une connaissance me demandant si c’était grave si sa blonde n’avait pas bien suivi le mode d’emploi de l’ordonnance de la pilule du lendemain. Sans oublier les appels de détresse pour un bouton ou une mauvaise odeur à l’endroit fatidique.

À 16 ans, je n’avais aucune connaissance ni expérience dans le domaine, mais on venait quand même à moi pour se confier. Et même après un bac en sexologie, on me pose parfois des questions auxquelles je n’ai pas la réponse. Mais je me dis toujours que si la personne a pris le temps et le courage de m’en parler, je dois tout faire pour l’aider. Qu’il soit 9 h ou 23 h, je suis du genre à aller ouvrir mes livres pour rassurer et informer du mieux que je peux la personne. J’ai même déjà appelé un pharmacien parce que la question qu’on m’avait posée n’était pas de mon registre, mais plutôt du sien.

Alors, voilà pourquoi je me suis orientée vers la sexologie : parce qu’on m’a tout simplement fait confiance en me nommant LA référence. Et quand tu réalises qu’un gars de 16 ans est capable de passer par-dessus son orgueil pour te parler de ses problèmes sexuels, tu ne peux pas fermer les yeux là-dessus.

Évidemment, ça serait utopique de dire que toutes les sexologues sont de bonnes références, mais je suis persuadée que pour la majorité, c’est le cas. Parce qu’après tout, l’ouverture d’esprit, le respect et l’empathie sont nos plus belles aptitudes. Alors, il n’y a plus aucune raison de ne pas vous référer à une sexologue!