Et oui, je suis finalement l’une d’elles. J’ai succombé et je suis tombée sous le charme comme toutes les autres avant moi. « Mais de qui, de quoi ?? », de Fifty Shades of Grey ! Je sais, je suis vraiment en retard. Pour ma défense, je ne jumelle jamais les lectures académiques aux lectures de détente, confondre les deux, surtout dans ce cas-ci, serait beaucoup trop facile et mélangeant. Je vous ai dernièrement exposé mon opinion concernant les films pornos, mais quand est-il des livres érotiques, qui, dans ce cas-ci, présente le sadomasochisme, pas trop trop du sexe vanille mettons !?

 

Le sadomaso c’est quoi ? Ça met en scène le sadique qui inflige des souffrances physiques ou morales, et le masochiste, celui qui reçoit ces dernières. Donc, ce qui excite le sadique c’est de voir souffrir l’autre, de se faire implorer d’arrêter, alors que le masochiste retire du plaisir des souffrances assénées à son égard. Mais là n’est pas l’intérêt de la révolte qui va suivre. Comme l’a si bien dit autrefois Pierre Elliott Trudeau : « L’état, ou vous et moi, n’a rien à faire dans les chambres à coucher de la nation ». Tant que c’est des adultes consentants et qu’ils s’épanouissent d’une certaine façon dans les comportements sexuels qu’ils décident de pratiquer, moi, je n’ai rien à dire là-dessus. Alors, pourquoi tout ce blablabla ?! Parce qu’encore une fois, ces livres qui deviennent rapidement des bestsellers grâce à la gent féminine nous présentent, nous les femmes, dans des rôles très stéréotypés.

 

Ça vous dit quelque chose la ‘‘ girl next door ’’ qui soudainement rencontre un beau gars riche qui transforme sa petite vie banale en une histoire de conte de fées !? Allô le cliché, allô la réalité ! Je ne sais pas pour vous, mais moi, il n’est pas encore venu sonner à ma porte. Et le pire dans tout cela, c’est que le succès de ces livres, Fifty Shades, Twilight et compagnie, se base entièrement, ou presque, là-dessus. Pourquoi présenter les femmes comme des êtres soumis et dont leur vie/avenir dépend de leur homme ? Pis pourquoi, ces histoires-là font-elles autant vendre ???

 

Si l’on revient à Fifty Shades, est-ce que les livres se seraient autant vendus si dans l’histoire c’était la fille la dominante qui ligoterait son mec et lui donnerait des ordres ? Personnellement, je ne pense pas. Et on s’entend, l’auteure présente du sadomaso très soft, parce qu’encore une fois, je ne pense pas que ça aurait eu autant de succès s’il avait été question d’un sadomaso plus hard. Pis si l’on transpose ça dans la vraie vie… Combien d’entre vous seraient capables de voir son partenaire de la même façon après s’être fait donner la fessée ? Et là, je précise, pas une fessée du type : on est dans le lit, on rigole, je te retiens et je te donne des claques sur les fesses. Non, une vraie fessée, celle qui a pour but de t’humilier, de te donner une correction. Euh, pas moi en tout cas.

 

Alors, ça nous mène où tout ça ? Je ne sais pas trop. Je m’emporte parce qu’après tout, j’ai quand même dévoré les livres et à la fin du troisième j’en demandais encore. Je pense que même si c’est des lectures de détente, il est bon de prendre du recul et de voir comment les mêmes rôles stéréotypés qu’on voit/lit/vit depuis notre enfance s’infiltrent aussi facilement un peu partout dans notre quotidien…

 

fesseģe1