J’aime mon petit appartement, en plein dans la grande ville. Montréal : vivante, colorée, entassée entre les terrasses, les cafés et les tours à bureau. J’aime habiter dans un Québec aux quatre saisons toutes plus belles les unes que les autres. Mais un seul chez-soi, est-ce vraiment assez? J’en doute. Quand je sais que je tombe systématiquement amoureuse de tous les pays que je visite, je me dis que je n’aurai jamais assez d’une vie pour mettre un pied à terre partout où l’envie m’en prend. Sauf si je vis 300 ans. Dans ce cas-là, j’aurais probablement le temps (on peut toujours rêver, right?).

Je veux pouvoir habiter une petite villa toute blanche au bord de la mer, où je me réveillerais chaque matin au son régulier des vagues. J’y prendrais mon café en regardant la mer et le ciel d’un bleu azur (parce que sur cette plage il ferait toujours beau, of course). L’air salin me chatouillerait les narines et mon emploi du temps alternerait entre séances de baignade, collectes de coquillages et compétitions de châteaux de sable. 

Je veux demeurer dans un chalet de bois rond au cœur d’une épaisse forêt. Entendre les branches craquer sous mes pas, sentir l’air pur dans mes poumons et voir le soleil filtrer entre les grands sapins verts. Avoir comme seule musique le chant des oiseaux, nourrir les animaux bref, faire de moi une vraie Blanche Neige (sauf la partie où je devrais habiter avec sept hommes nains d’âge mûr, ça non). 

Je veux vivre dans une jolie maison, au sommet d’une vallée, d’où je pourrai regarder le soleil se coucher sur des vignobles à perte de vue. Faire partie d’un petit village où le temps semble s’être arrêté depuis des centaines d’années déjà. Sentir l’air chaud de la Méditerranée pendant que je cuisine comme une mama italienne le repas du soir (avec un verre de vin, pas besoin de préciser). 

Et puis, tant qu’à y être, je voudrais aussi voyager à bord d’un Westfalia et me balader sur les routes du désert américain. Habiter au milieu d’une jungle dense et humide, demeurer au sommet d’une belle grande montagne, mais aussi vivre aux abords d’un désert marocain et y dormir à la belle étoile. 

Il y a trop de beaux endroits qui mériteraient qu’on prenne le temps de s’y arrêter pour vivre au rythme de sa culture et de ses habitants. Mais tout compte fait, un surplus de beaux endroits à découvrir, c’est un assez beau problème, n’est-ce pas?