Personnellement, je crois qu’on est tous fous à sa façon. Si Kinsey, célèbre et controversé chercheur en sexologie dans les années ’50, avait proposé une échelle pour évaluer l’orientation sexuelle allant de 0, pour les personnes exclusivement hétérosexuelles, à 6, pour les individus entièrement homosexuels, je proposerais quelque chose de semblable pour la santé mentale. Les sains d’esprit scoreraient 0 sur cette échelle et les clairement fous se situeraient à 6. Bon, je blague, mais j’affectionne quand même ce postulat qui veut que tout n’est pas exclusivement noir ou blanc, mais qu’au contraire, tout est nuance de gris.

Pourquoi cet intérêt envers la santé mentale? Depuis septembre, je fais mes stages de fin de Bac en sexologie dans un centre communautaire en santé mentale qui propose des ateliers d’art, l’Étincelle de l’amitié, et aujourd’hui, c’est la journée mondiale de la santé mentale.

Vous pensez que la maladie mentale ne peut pas vous affecter? Détrompez-vous, le groupe des 18 à 24 ans est le plus susceptible de souffrir d’un trouble mental. Plus d’un jeune sur cinq y est confronté. De plus, les consommateurs de drogues ont de trois à quatre fois plus de risques de développer un problème de santé mentale!

Mais c’est quoi le rapport entre la santé mentale et la sexualité? Lorsqu’on parle de santé mentale, on fait inévitablement allusion à l’estime de soi et à l’image de soi. Si les troubles anxieux sont les plus fréquents dans la population, la dépression ne suit pas loin derrière. Il n’est pas rare de constater une estime de soi appauvrie et une image de soi déformée chez les personnes souffrantes de dépression. Entrer dans une relation amoureuse ou sexuelle peut donc être plus difficile pour ces individus. Et qui dit santé mentale, dit généralement aussi médication. Évidemment, la prise de médicaments comporte des effets secondaires qui affectent souvent le désir sexuel, ainsi que les capacités sexuelles. Malheureusement, l’aspect sexuel est rarement considéré et abordé dans les programmes de rétablissement.

Alors, que faire? Évidemment, on essaye de sortir de l’isolement. Il est parfois difficile de s’admettre que ça ne va plus. La société nous pousse à être forts, solides, intouchables, mais je crois vous conviendrez à quel point c’est utopique. On a tous nos moments de faiblesse… et c’est normal! Une fois qu’on en prend conscience, on passe par-dessus notre orgueil et on va chercher de l’aide. Que ce soit d’en parler à un proche ou à un professionnel, on ne fait pas face à ces moments difficiles seuls.

En terminant, un mot sur l’Étincelle de l’amitié. Cette année, on souligne son 25e anniversaire. Le 25 octobre se tiendra donc un vernissage pour souligner le tout et où les créations des participants seront exposées et mises en vente. Par la création artistique, on cherche à briser la solitude, à favoriser l’entraide et à miser sur une réinsertion sociale. Du coup, de belles œuvres émergent. Amateurs d’art ou personnes ayant la cause à cœur, vous êtes conviés à cette soirée!