Quand le travel bug nous prend, c’est souvent accompagné d’une forte envie de découverte de territoires, mais aussi des gens qui les habitent. La rencontre de l’autre fait partie intégrante de l’expérience vécue en voyage et c’est pourquoi je choisis généralement de partir seule. De cette façon, je mets toutes les chances de mon côté pour être obligée de sortir mon côté sociable et d’ainsi faire des rencontres souvent enrichissantes en chemin.

Le jour où, en Australie, j’ai décidé de quitter mon petit Sydney confortable où je travaillais pour partir en roadtrip, j’ai compris que ces rencontres pouvaient relever soit du cauchemar, soit du paradis sur terre. Parce que disons-le, choisir de faire équipe avec un ou plusieurs étrangers constitue un risque. Est-ce donc une bonne ou une mauvaise idée? Voici ce que j’ai retiré de deux trips en compagnie de parfaits inconnus.

Pour le meilleur

J’ai rencontré les best buddies de voyage via une petite annonce sur Gumtree, l’équivalent québécois de Kijiji, aussi fou que cela puisse sembler. Je ne pensais pas que mon annonce «French Canadian looking for travel mates» me permettrait de rencontrer Laurie et Mathias, deux des Français les plus géniaux que je connaisse. Et quand j’y repense, partir avec ces 2 inconnus était une maudite bonne idée.

Photo: Les meilleurs travel buddies immortalisés par un passant

Photo: Les meilleurs travel buddies immortalisés par un passant

1. Les premières impressions sont souvent trompeuses
Lorsque j’ai vu Laurie pour la première fois, quelques jours avant notre départ définitif de Sydney, elle était loin de l’image de la compagne de voyage en sac à dos que je m’étais faite. Je l’ai trouvé si «bien arrangée» que je suis laissée aller dans les présomptions les plus trompeuses: que je subirais de longues minutes d’attente le matin le temps qu’elle se prépare, qu’elle aurait une énorme valise en guide de backpack remplie de vêtements, de maquillage, etc. Eh bien il n’en était rien. Non seulement ai-je découvert une personne drôle et attachante avec qui j’ai étrangement beaucoup de points communs, sa valise était miniature!

2. Peu de temps suffit à créer des liens
En voyage, le temps semble différent, comme s’il avait davantage de valeur: on profite de tout au maximum et nos vrais côtés ressortent assez vite! On apprend alors à connaître les gens rapidement et parfois donc, on s’attache facilement. Deux semaines suffirent à créer des liens qui à la maison, auraient pris des mois à tisser. Assez pour nous faire brailler le temps des au revoir arrivé.

3. Certaines amitiés perdurent à travers le temps et l’espace
Je n’aurais jamais cru en publiant mon annonce qu’un an plus tard, je rendrais visite à ces deux amis, et qu’on se retrouverait tous les pieds dans le sable d’Hossegor à boire un mojito, le regard vers la mer. Que je continuerais deux ans plus tard à skyper avec Laurie et qu’on aurait d’autres projets de se revoir. Comme quoi certaines amitiés perdurent au-delà du temps, et ce malgré la distance!

Pour le pire

Je passerai ici sous silence nom, origine ou tout autre détail sur les deux jeunes gens avec qui j’ai vécu ma pire expérience de voyage, le but n’étant pas de me venger. Quoique..! Bref, c’est dans une auberge de jeunesse que j’ai rencontré Jim & Jo (noms fictifs) et croyant relativement bien les connaître (erreur), j’ai accepté de me joindre à eux dans leur périple vers Melboure à bord d’une yaris… et ce n’est pas seulement le manque d’espace qui a fait de ce périple un total fail.

Photo: Jim&Jo en cavale immortalisés par l’auteur

Photo: Jim&Jo en cavale immortalisés par l’auteur

1. Parfois, tenter de voir le bon côté des choses ne suffit pas
Je suis l’une de ces personnes qui tente tant bien que mal de voir le bon côté des choses, enfin, de m’attarder davantage à celles-ci qu’aux moins bonnes. Au bout d’une semaine, malgré les indices flagrants de mythomanie et de kleptomanie chez Jim & Jo, je persistais à me concentrer sur leurs côtés positifs. Cela dit, il n’y en avait pas beaucoup, et mes efforts relevaient littéralement du déni. Il faut donc parfois faire preuve de lucidité et accepter de voir la situation telle qu’elle est au risque de se rendre compte qu’on s’est royalement mis les pieds dans les plats.

2. La prudence avant la facilité
Arrivés à Melbourne, c’est là que les choses ont réellement dégénéré. Je me suis ramassée un soir dans un crack house où je ne me sentais non seulement out of place, mais simplement pas en sécurité. Et au lieu de partir par mes propres moyens, j’ai choisi la facilité: je suis partie de cet endroit à bord de la yaris avec mes deux fringants voyageurs… qui étaient tout sauf à jeun. Pour faire une histoire courte, avez-vous déjà vu une personne droguée et ivre au volant roulant près de deux fois la limite permise vous annoncer qu’elle est en effet droguée et ivre au volant? Tout ça avec un fou rire en mode je vois des libellules roses danser la samba et pas toi? Sachez que c’est tout sauf rassurant et qu’on imagine déjà ses funérailles. Pas cool.

3. Accepter de couper les ponts
Après avoir hurlé afin qu’on me laisse sortir du véhicule, pour finalement me retrouver seule sur le bord du chemin ignorant quelle direction prendre, j’ai compris qu’il était préférable  de se retirer d’une situation où l’on ne se sent pas à l’aise avant qu’il ne soit trop tard. Que de faire confiance en son propre jugement est souvent la chose à faire, et que c’est correct de dire «non, ça suffit» pour finalement faire bande à part. C’est dans ce genre de situation que le dicton «vaut mieux être seul que mal accompagné» prend tout son sens!